Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

J’ai la faiblesse de penser que c’est un goût partagé par beaucoup, et pas seulement par les petits, les grands, les gros lecteurs. Un enfant résiste rarement à une histoire, même s’il est plus habitué à regarder la TV ou à jouer à la PlayStation. Et qui n’a jamais surpris un adulte étonnement attentif à l’histoire qu’on est en train de lire aux plus petits ? Le cinéma, les documentaires animaliers ou historiques, Secret Story, la politique dans une certaine mesure, etc. ne sont que des manières différentes de consommer du récit. L’homme semble prédisposé à ce qu’on lui raconte des histoires. J’aime le cinéma, les documentaires et la politique — cherchez qui ne revient pas en deuxième semaine —, mais il y a quelque chose que j’aime depuis plus longtemps encore.

Les livres audio. Quand j’étais petit, j’avais une mallette rouge pleine de cassettes et un magnéto Fisher-Price marron. Ça s’appelait Raconte-moi des histoires et ça tournait en boucle dans mon crin crin. Il y a avait des histoires qui me rendaient tristes (Gobolino, chat de sorcières notamment) et d’autres qui me faisaient peur. Un appui sur le bouton FWD et hop, je passais à la prochaine. J’avais aussi des cassettes Disney, des cassettes Musclor…

Aujourd’hui, j’aime toujours autant cela même si je m’y adonne moins régulièrement. iPod et iPad ont remplacé mon magnéto et j’achète à prix d’or des livres audio ou je télécharge gratuitement et légalement les classiques sur Litteratureaudio.com ! Ce dernier site est une véritable mine d’or et m’a permis de découvrir tardivement les Sherlock Holmes que je n’avais jamais eu envie de lire, chose d’autant plus bizarre que j’avais aimé Le Monde perdu ou Le Gouffre Maracot. À noter également que Direct 8 diffuse du lundi au samedi, de 3 h 30 à 6 du matin, Voyage au bout de la nuit, où l’on peut voir une charmante demoiselle (le plus souvent, il n’y a qu’à voir la page de l’émission sur le site de la chaine) déclamer un texte issu des « plus grandes oeuvres de la littérature française ».

Le livre audio a une vertu pour le lecteur : celle de lui permettre de « lire » à des moments où il ne pourrait autrement pas se l’autoriser… En voiture par exemple, sur les longs trajets ou dans les embouteillages.

Le livre audio a une vertu pour l’auteur : celle de le sensibiliser à la mélodie des mots. Quand j’essaie de déchiffrer certains auteurs plus ou moins connus, je me dis qu’ils n’ont jamais essayé de lire leur texte à haute voix. Je dois avouer que j’ai aussi parfois vécu le contraire : certains écrivains s’écoutent littéralement écrire, si vous me passez l’expression. Quoi qu’il en soit, ce devrait être un exercice imposé ! Pour les flemmards et ceux qui ont vite la gorge sèche, un autre procédé intéressant est d’utiliser un synthétiseur vocal (sous Mac OS X Lion, vous en avez un embarqué avec le système). Si le résultat n’est pas trop insupportable à écouter, c’est que votre texte ne doit pas être désagréable à lire. La lecture à haute voix est idéale pour détecter une phrase trop lourde, maladroitement construite ou une ponctuation défaillante.

J’ai une conviction personnelle : raconter des histoires à un enfant facilite son apprentissage de la lecture et de l’écriture. Si tous les parents du monde voulaient bien se donner la main et donner à leurs enfants la possibilité d’écouter des livres audio, c’est un grand service qu’ils leur rendraient — et je ne parle pas seulement de réussite scolaire. Mais je rêve. Si, si, ne me racontez pas d’histoires !

À cette heure, 3 Réponses à ce billet.

  1. TheSFReader dit :

    Et puis les livres audio, ça peut s’écouter dans les embouteillage ou en transports en commun…

    Si t’as pas peur de l’anglais parlé, je peux te conseiller pour pas cher (Gratos ?) l’ensemble des livres de Nathan Lowell et/ou Brand Gamblin sur podiobooks.com
    Et si ils te plaisent, mettre des sous dans la cagnotte ou acheter les livres en numérique…

  2. jbb dit :

    C’est vrai, j’avais oublié les transports en commun mais j’ai pensé aux embouteillages…

    Merci pour l’adresse. À force de regarder la BBC et les documentaires de David Attenborough, je vais peut-être prêt pour écouter des livres audio en anglais !

    • TheSFReader dit :

      Brand Gamblin est peut-être un peu moins intelligible que Nathan Lowell, je te conseillerais donc plutôt de commencer par le second.

      A savoir qu’effectivement, le truc de lire à haute voix est effectivement reconnu. Un exemple est C.J. Cerryh (une auteur de SF que j’aime beaucoup), qui prévoit presque des longs trajets en voiture avec sa colocataire Jane Fancher, juste pour lui faire la lecture/se faire livre le livre en court.

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