Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

J’ai été contraint par Guillaume Giordano, alias Jartagnan, à vous présenter mon panthéon littéraire. Remarquez, je m’en tire à bon compte, il aurait pu me provoquer en duel et l’issue m’aurait certainement été douloureuse. Alors que parler de bouquin, je sais faire… Et à l’étonnement sans cesse renouvelé de Pierrick Messien alias Séditer (qu’est-ce qu’ils ont tous à avoir des pseudos sur internet ?), je n’ai jamais éprouvé de difficulté à me livrer en public, par mots interposés en tout cas.

1. Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier

Il y a des livres qui arrivent au bon moment et Le Grand Meaulnes en fait partie. Une belle histoire d’amitiés, à un moment de l’adolescence où je me sentais un peu seul — normal me direz-vous. Le livre unique d’un grand auteur qui n’a pas eu le temps d’en écrire d’autres.

2. Niourk de Stefan Wul

Comme le Grand Meaulnes, j’ai lu ce bouquin au collège, grâce à une prof de français qui n’avaient pas envie de nous assommer dès la sixième avec des classiques trop chiants. On a notamment étudié un album d’Astérix et on a lu ce roman de SF. C’est la première fois que j’entrapercevais l’étendue des possibilités que peut offrir ce genre à un auteur qui se sent trop contraint par la réalité de son époque.

3. Fondation d’Isaac Asimov

J’ai découvert par hasard cette oeuvre capitale de la SF et pour le moment je pleure qu’aucune oeuvre de l’auteur ne soit pas disponible par des voies légales en numérique… En VF en tout cas.

4. Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig

Joueur d’échecs depuis l’adolescence, j’ai dévoré tous les livres mettant en scène le roi des jeux, mais Le Joueur d’échecs de Zweig, c’est plus qu’un livre sur les échecs. Ce n’est d’ailleurs pas un livre sur les échecs, c’est un livre sur la folie. Le meilleur traitement littéraire qu’il en a été fait.

5. Tu vas trinquer San-Antonio du commissaire éponyme aka Frédéric Dard

Est-il besoin d’expliquer pourquoi ? Si vous avez un épisode, c’est par ici.

6. La Saga des Harry Potter de J.K Rowling

Il y a peu de livres que je relis — j’ai déjà l’impression que je n’aurai jamais le temps dans toute ma vie de lire tous ceux dont j’ai envie —, mais les aventures du jeune sorcier font partie de ceux-là (j’attends avec impatience leur sortie numérique). Des livres que j’aurais aimé découvrir petit, mais que mon âge ne m’empêche nullement d’apprécier.

7. Un tueur sur la route de James Ellroy

Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? Sans doute parce que c’est le premier. De ce que j’ai lu d’Ellroy, je n’ai pas vraiment de préférence. N’importe lequel de ces livres me semble être l’essence même de ce que doit être un polar.

8. L’Empire des loups de Jean-Christophe Grangé

Peut-être le meilleur polar français que j’ai lu. Et autant j’ai aimé le livre, autant j’ai trouvé le film scandaleux. Je ne suis pourtant pas le plus regardant sur les adaptations cinématographiques (je trouve par exemple que Harry Potter est une réussite du genre). C’est aussi pour cela que je n’ai jamais lu Les Rivières Pourpres : j’ai adoré le film et j’ai une tendresse particulière pour lui, je préfère garder ce sentiment.

9. Les Ombres de l’Empire de Steve Perry

J’ai lu pas mal de romans de l’univers étendu de Star Wars et celui-ci reste mon préféré. En plus, il existe même la BO issue de l’adaptation vidéoludique du roman. À mon humble avis, de très bons space operas se cachent dans ces « fans-fictions ».

10. Comment murir son style aux échecs de Jeremy Silman

Les livres techniques sont les derniers livres papier que j’achète, et les ouvrages de stratégie et de tactique aux échecs en font partie. Celui-ci est sans doute le meilleur de tous, à destination de 90 % des joueurs. Il peut être suivi de Murir son style par l’exemple, sorte de livre d’exercices le complétant.

Nous sommes arrivés aux 10 références et pourtant il me vient à l’esprit plusieurs noms qui auraient mérité d’y figurer comme Conan Doyle ou Didier Decoin, mais de toute façon, l’objectif d’un tel article n’est-il pas en réalité de témoigner d’une idée personnelle et globale de la lecture ?

photo credit: sharmili r via photopin cc

À cette heure, 8 Réponses à ce billet.

  1. Cool, un top 10 🙂

    Si tu as aimé l’Empire des Loups (et détesté le film merdique qui en est sorti), va donc lire les Rivières pourpre, qui est à des années lumières au dessus de l’Empire des Loups (et dont le traitement cinéma est là aussi scandaleux).

  2. Elisabeth Destoop dit :

    Peut-être, en réponse aux propos de notre ami Jean-Basile, quelques précisions s’imposent-elles? Parce qu’il existe (à mes yeux du moins) une différence entre le panthéon littéraire et les dix bouquins qui vous ont le plus marqué. A mon avis, ce ne sont pas les mêmes, du moins pas à mon âge (sans me faire plus âgée que je ne suis, je pourrais être la mère de Jean-Basile, sinon sa grand-mère). Et si je puis répondre à mon tour – ou ébaucher un commencement de réponse – à la question posée à JBB, je serais forcée d’établir deux listes, bien différentes l’une de l’autre.
    Les dix bouquins qui vous ont le plus marqués sont attachés à nos premiers pas de lecteur « sérieux », disons entre 10 et 25 ans, selon les cas. A cette époque, on découvre la littérature, avec enthousiasme, avec avidité; on aime ou l’on rejette un livre, sans nuance, sans souci d’analyse. Certains livres vous marquent, d’autres vous sont indifférents. Notre réaction spontanée n’a que peu de rapport avec la valeur « objective » d’un roman ou d’un essai. Si, dans les trentes premières années de notre vie, la liste des 10 bouquins qui nous ont le plus marqués ne fait qu’une avec notre panthéon littéraire, les chemins (ou les listes) se séparent au fur et à mesure que l’on devient un lecteur professionnel. A ce moment-là, notre rapport aux livres s’en trouve changé.
    Si l’on me pardonne de parler encore de moi (moi qui suis restée la plus fière, selon une référence à une chanson de Brel), je dirai que les livres qui m’ont le plus marquée (entre 13 et 18 ans, l’âge où l’on se forme et où l’on découvre ses passions) n’ont pas vraiment de rapport avec mon panthéon personnel. Je n’étais pas une jeune fille sage, on le constatera par mes choix. Ma première véritable rencontre fut, si je me souviens bien, Robinson Crusoe, en français, à l’âge de 10 ans. J’ai eu l’impression de découvrir un monde nouveau qui n’était plus celui des lectures enfantines, imposées plus ou moins par les parents aux demoiselles qu’on destinait au Couvent des Oiseaux. On souhaitait nous voir plonger dans les aventures de Brigitte, pas au-delà. Puis, en vrac, l’année de mes quatorze ans, l’arrivée en force de Marcel Aymé (La jument verte), André Gide (Les Faux-monnayeurs), Rudyard Kipling (La lumière qui s’éteint), John Knittel (Via Mala) et Samuel Butler (Ainsi va toute chair). Vous remarquerez que tous ces volumes sont liés à l’invention du livre de poche, qui fut essentielle dans la formation des gens de ma génération (on ne le redira jamais assez). Au niveau « philosophie », Sartre et Camus, plus que Breton. Découverte aussi à cette époque lointaine de Freud, au moins à travers ses textes les plus accessibles: il me permit de comprendre que les jeunes filles aussi avaient une sexualité. Je ne renie rien, ces livres m’ont formée, mais en ce qui concerne leur qualité littéraire, certains ne font pas le poids aujourd’hui. J’ai récemment tenté de relire Via Mala, en français (j’aurais dû le reprendre en anglais), je fus incapable d’arriver au bout. A vingt ans, j’ai relu (en anglais cette fois) Ainsi va toute chair, mais davantage pour améliorer mon niveau de langue que pour des raisons purement littéraires. Et pourtant, sans commenter aucun de ces volumes, tous ont eu sur mon développement intellectuel (dirais-je sur ma libération du milieu familial?) une influence certaine. Un critère pour moi (à cette époque) de la brûlure intime que me produisaient certains livres fut le fait que je les lisais d’un trait, quitte à y passer la nuit. Le dernier bouquin lu dans cette atmosphère fiévreuse fut Le voleur, de Georges Darien, que je n’ai pu quitter avant la dernière page, tant il m’avait bouleversée. Comme c’est loin, tout ça!
    Le panthéon littéraire ne se forme qu’à partir de trente ans, sinon beaucoup plus tard. J’ai eu, pour ma part, la chance d’enseigner les lettres à nos chères têtes blondes, ce qui m’a permis en trente ans et plus d’enseignement de devenir une lectrice professionnelle. J’ai ainsi acquis au long des années des outils qui me permettent de désosser un texte et d’en faire un festin de roi (ou de reine). Exposer mon panthéon est une entreprise risquée, mais JBB est tellement accueillant pour ses amis et amies, même les vieilles dames indignes dans mon genre, que je vais m’y risquer. Je dirais d’abord l’importance de Don Quichotte, lu dans plusieurs traductions, en français (seulement parcouru en espagnol, car mon niveau dans cette langue n’est pas parfait), un chef-d’œuvre d’ironie, de tendresse, d’imagination et d’indulgence pour la folie humaine. Il est en haut de ma liste pour les dix livres que j’emmènerais sur l’île déserte. Proust viendrait certainement tout de suite après, même si je n’ai pu (faute de temps) le lire qu’une fois à fond. Il me faudrait bien retenir aussi mon cher Diderot, peut-être Jacques le fataliste, mais j’aimerais mieux prendre ses œuvres complètes, quitte à alourdir mes valises. Malgré tout le fatras romantique qui les entoure, j’emporterais peut-être un roman de Hugo, soit Les misérables, le choix évident (je l’ai bien lu trois fois déjà), soit même Notre-Dame de Paris, qui est un grand livre à de nombreux points de vue. Pour le plaisir de la langue, le théâtre complet de Shakespeare (découvert à 14 ans, mais en traduction, tandis qu’aujourd’hui je m’y frotte dans la langue originale, et c’est un régal), et aussi ma chère Emily Brontë, Wuthering Heights, qui me donne encore le frisson. Chez les Anciens, Sénèque, peut-être, pour la sagesse… Et parmi les genses d’aujourd’hui, juste pour faire la nique au conformisme contemporain, un livre d’un inconnu de talent (il n’en manque pas, de Louis-Paul Guigues à Claude Louis-Combet). Et puis, pour faire place à d’autres découvertes, Alphonse Allais, l’un des très grands stylistes de la période 1890-1900 (elle n’en manque pas!), pour son ironie, son intelligence, sa vision distancée des problèmes de son temps, son non-conformisme et toute sa folle imagination. Maintenant que j’y pense, Allais est sans doute le seul auteur qui se retrouverait dans mes deux listes, puisqu’il fut aussi une lecture d’adolescence.

    En d’autres mots, je n’emmènerais ni Daniel Pennac, ni Frédéric Beigbeder, ni Amélie Nothomb ni aucun des « grands écrivains » dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée dans les médias. Ils me paraissent manquer d’envergure (et d’ambition).

    • jbb dit :

      Lisa, j’ai dit que je présentais ici mon Panthéon littéraire, mais je n’ai pas dit que je le dévoilais tout entier. Je pense aussi qu’il y a mille palmarès littéraires que chaque lecteur, chaque auteur, pourrait établir : les dix auteurs qui l’ont le plus marqué qui ne sont pas nécessairement les dix auteurs qu’il admire le plus, les dix livres qui l’ont le plus marqué qui ne sont pas nécessairement les dix livres qu’il a les plus aimés ou encore les fameux dix livres que l’on emporterait sur une île déserte qui peuvent encore être différents. À la plupart de ces exercices, je n’oserai me prêter. Je ne suis qu’au début de ma carrière de lecteur, car j’ai perdu beaucoup de temps ces dernières années. Je me souviens d’un oncle qui m’avait conseillé, il y a bien longtemps, de lire beaucoup, et au moins un petit peu chaque jour, si mon désir était vraiment d’écrire. Plus le temps passe, et plus je me rends compte à quel point il avait raison. Inutile cependant de regarder avec trop de regret le temps passé. Le temps n’était pas venu, je n’avais pas encore la maturité nécessaire. Aujourd’hui, avec mes armes d’auteur débutant et une certaine expérience de la lecture néanmoins, j’ai l’impression de tirer davantage de mes lectures. Mon activité d’édition me force également à avoir une vision plus analytique de ce que je lis. Il y a cinq ans, et encore moins dix, je n’aurai pu lire Proust. Et aujourd’hui, je parcours la recherche, de livre en livre, de temps en temps. Et en ce qui concerne l’écriture, je fais mienne cette réflexion de Lodge : « Je crois qu’il faut une sacrée dose de vanité ou d’égotisme pour oser prendre la plume. Il vous faut juger qu’il y a toujours quelque chose de nouveau à écrire sur l’existence — même de façon plus modeste que vos prédécesseurs ». Là encore, le temps n’était sans doute pas venu.

      Pennac, Beigbeder et Nothomb ne sont pas morts et auraient donc bien du mal à avoir écrit un grand livre, si je me réfère à l’un de tes précédents commentaires… Plus sérieusement, mis à part peut-être Pennac, je doute qu’on se souvienne encore d’eux dans cinquante ans. Je le dis d’autant plus librement qu’en ce qui concerne Beigbeder, j’ai apprécié la lecture de certains de ses livres, mais comme tu le dis, ce sont des livres sans grande envergure. Cela étant dit, je fais partie de ceux qui réclament d’écrire et de lire aussi des livres sans grande envergure. Je ne suis pas persuadé que tous les auteurs ont envie de passer à la postérité, certains plus pragmatique, préfèrent sans doute la reconnaissance de leur vivant. Pour prendre l’exemple de Marc Levy, que je n’ai jamais lu, je ne pense pas qu’il se prenne pour ce qu’il n’est pas… Il se fait plaisir à écrire des livres mielleux qui lui rapportent des sommes d’argent considérables, pourquoi s’en priverait-il ? Et quel écrivain qui lui crache au visage ne l’envie pas, en réalité ? Je n’ignore cependant pas qu’il en existe d’autres, sans doute guère plus talentueux, qui se prennent beaucoup plus au sérieux. Le nom de Besson me vient assez facilement à l’esprit.

  3. moolz dit :

    Je garde un bon souvenir de Niourk également. Pour rester dans le style, j’y ajouterais « La Route » de Cormac Mc Carthy ; un must.

  4. Molly Molette dit :

    Ben moi aussi j’aime bien GRANGE na! J’en ai lu tout plein NA!

  5. Asia M dit :

    Niourk! Oui, un bon souvenir également. Le seul de ces livres (avec les premiers HP) que j’ai lus… primaire ou collège, je ne sais plus.

    Je suis un peu d’accord avec Elisabeth Destoop, d’ailleurs j’aurais excessivement de mal à n’en choisir que 10 si je devais établir *mon* panthéon (je songe à établir une liste de 100 livres), mais pas tout à fait non plus. Déjà, peut-être parce que j’ai 25 ans… Ça veut dire que je suis censée attendre encore 5 ans avant de commencer à découvrir de grands, excellents livres? Et pourtant j’en aurais déjà 100 qui pourraient figurer dans un « panthéon »… Je pense qu’à 25, 35, 45 ans ou plus, on n’a jamais lu qu’une infime partie de la littérature. Vous mentionnez des classiques français, anglais… Connaissez-vous les classiques polonais, ceux qui n’ont pas été traduits en français, ou en anglais? Moi, j’en connais certains, car je lis le polonais, mais c’est un hasard. Ensuite, si l’on inclut les livres qui ne sont pas de la fiction, cela peut dépendre énormément du domaine dans lequel on a étudié, ou pas étudié. Cela aussi, c’est un hasard.

    Cela me fait aussi penser à un livre que j’ai lu récemment, très bon d’ailleurs: How To Suppress Women’s Writing. Joanna Russ, qui était une auteure de SF et une féministe, révèle à travers une anecdote personnelle à quel point nous intériorisons la hiérarchie officielle de ce qui est de la « haute littérature » et de la littérature plus mineure, moins bonne. Étrangement (ou pas), il n’y a presque que des hommes dans la première catégorie, tandis que les femmes sont aussi souvent que possible reléguées dans la seconde. Ainsi Russ elle-même, victime de ces normes esthétiques sexistes que l’on nous impose, avoue avoir dédié un de ses premiers livres à deux écrivains (dont Nabokov) qu’elle considéraient comme ses inspirations, ses références, ne réalisant que bien plus tard que d’autres inspirations non moins réelles, non moins méritantes, lui venaient de sa jeunesse: Charlotte et Emily Brontë, Virginia Woolf… Mais voilà, ce sont des femmes, elles n’écrivent pas de « vraie littérature ».

    La valeur « objective », voilà un grand mythe que la classe dominante a beaucoup d’intérêt à préserver, car il participe intégralement d’un système d’oppression dont ils profitent à tous les jours.

  6. Thomas Galley dit :

    Salut JBB 🙂

    Enchanté de découvrir Asimov dans ton panthéon tout personnel. On parle trop peu, depuis sa mort, de ce géant e la SF américaine voire planétaire. Quant à la disponibilité de ses textes en numériques, voici un lien vers l’édition Kindle de la « Foundation Trilogy », disponible sur Amazon : http://www.amazon.com/Foundation-Novels-ebook/dp/B000FC1PWA/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1356263052&sr=1-1&keywords=Isaac+Asimov

    Bonne continuation !

    • Jean-Basile Boutak dit :

      Merci Thomas.

      Je parlais d’Asimov en VF en numérique. Il y a plusieurs auteurs importants qui sont disponibles en numériques en VO aux USA (voire en anglais pour des auteurs français), mais pas en VF en France. A propos de fondation en anglais, il y a avait un site qui proposait il y a quelque temps le téléchargement gratuit et légal du cycle de fondation en livre audio. Je les ai récupéré, il faudra que je vois si j’ai un niveau d’anglais suffisant pour les comprendre.
      Enfin, toujours à propos de notre cher Isaac, j’ai récemment acheté « Moi, Asimov », suite à l’écoute d’une conférence de Martin Winckler. Ne me reste plus qu’à le lire 😉

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