Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

[MAJ : J’ai depuis quitté Numériklivres, comme je m’en explique dans ce billet] Cela fait aujourd’hui un peu plus de deux mois que je suis responsable de la collection « Noir c’est noir » des éditions Numeriklivres. C’est court deux mois, mais j’ai l’impression qu’il s’est déjà passé un tas de choses. J’ai donc eu envie de revenir sur ces premières semaines d’expérience dans le monde de l’édition.

La première chose que j’aimerais souligner, c’est l’importance d’avoir derrière soi un éditeur qui vous fait confiance et croit en vous à 100 % (au moins). C’est très important pour un auteur, ça l’est tout autant pour un directeur de collection. J’en profite pour saluer la patience de Jean-François qui m’a rassuré plus d’une fois.

Cette confiance à un prix. Je suis perfectionniste, mais lent et angoissé. Aussi ai-je souvent peur de mal faire ou de ne pas faire assez vite. Cela m’a amené parfois à quelques bêtises, heureusement sans trop de conséquences. L’erreur est humaine, me dis-je pour me donner bonne conscience.

Jusqu’à présent, peu de gens m’ont fait confiance, et encore moins en littérature, alors j’ai à cœur de ne pas les décevoir. Cela ne rend pas toujours faciles les choix et décisions, comme celle de dire non à un manuscrit que le chef aimait pourtant.

En deux mois, j’ai appris beaucoup de choses.

À ménager les susceptibilités par exemple, des auteurs notamment. Leur faire comprendre que lorsque je critique leur oeuvre, ce n’est pas que je ne l’apprécie pas, mais que je veux lui donner les meilleures chances de trouver son public.

À analyser et ressortir rapidement les forces et faiblesses d’un texte. À faire la différence entre ce qui est un défaut objectif et ce que je n’aime pas dans un manuscrit. Je ne prétends être ni infaillible ni imperfectible, mais j’apprends. Il faut aussi avoir conscience qu’il y a une inévitable part de subjectivité.

Que l’on est dépendant de la technique et des autres. Quand Apple ou Amazon traîne, pour des raisons inconnues, à mettre un titre en ligne, c’est rageant.

Qu’une erreur dans un ePub, c’est vite fait, mais je m’améliore petit à petit. Et je trouve cela très valorisant de me dire que des gens vont découvrir une œuvre à travers mon fichier, ma mise en page. C’est une sensation que je n’avais plus ressentie depuis bien longtemps en informatique.

Que ce n’est pas trivial de faire la promotion d’un livre et que ce n’est pas une science exacte : le chef m’a prévenu qu’il fallait s’attendre à ce qu’un titre se vende bien, un autre pas, sans que l’on sache pourquoi la plupart du temps.

Jean-François Gayrard m’avait dit dès le départ que ce n’était pas facile tous les jours, et c’est vrai. Néanmoins, pour moi, ces huit semaines figurent parmi les plus agréables de ces dernières années. J’essaie de me donner à fond, et plus que jamais, j’ai envie de continuer.

À cette heure, 5 Réponses à ce billet.

  1. C’est génial que tu puisses vivre de ta passion 😉 Je te souhaite bonne continuation et de nombreux succès pour la collection Noir c’est Noir !

    • jbb dit :

      Merci de tes bons voeux. Je ne vis pas encore de ma passion (j’ai encore une activité informatique à côté) mais si le numérique continue sur sa lancée, et que j’écris en plus des choses pas trop dégueulasses, qui sait ?

  2. En route pour une aventure qui se vit à plusieurs ! L’éditeur, le directeur de collection et l’écrivain derrière sa machine !
    Tu parles de susceptibilité ?
    Oui, il y a des divas, il y en aura tout au long de ton parcours. Mais c’est tout aussi important pour celui qui écrit de se savoir guidé, épaulé, l’édition est un travail de groupe.
    D’ailleurs, ce qui fait le charme de cette aventure, c’est le choix du « tout numérique », on se sent tous dans le même bateau, et ça, cette sensation là, on ne l’a pas en frappant à la porte de Grasset ou du Seuil. C’est promis, je ne ferais pas de caprice !!!

    Avec toute ma confiance….

  3. Sediter dit :

    « Vis ma vie » ? Étrange : je t’aurais plus cru « Enquêtes criminelles » 😉

    C’est une bonne chose de te plaire dans ce que tu fais, et je comprends ta sensation de faire des choses plus gratifiantes que l’informatique simple. En tout cas, c’est un plaisir de voir que tu te lances là-dedans presque à corps perdus, pour toi qui n’assumais pas l’écriture il y a quelques mois. Comme quoi il suffit parfois de peu.

    Je te souhaite de trouver bien d’autres auteurs à la plume aussi noire que l’encre, et croisons les doigts pour que ça devienne plus rémunérateur ! 🙂

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