Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Nous n’arrêtons pas de nous demander si le papier va mourir, mais nous ne nous demandons pas suffisamment si nous en avons encore besoin. Qui est ce « nous » d’abord, vous demandez-vous ? Ce « nous », ce sont les auteurs, les lecteurs, les éditeurs et les libraires.

Les auteurs. Autrefois, l’auteur avait besoin du papier pour rédiger puis publier son texte. Cela fait maintenant longtemps qu’une large majorité d’auteurs écrit sur ordinateur. Certains relisent sur papier, mais ils utilisent de plus en plus les tablettes tactiles et les liseuses pour ce faire. Là où ils ont sans doute le plus besoin du papier, c’est pour atteindre les lecteurs, le taux d’équipement en appareil de lecture n’étant pas encore suffisant pour leur assurer des revenus acceptables en numérique, pour peu qu’ils veuillent en vivre et qu’ils ne soient pas traduits en anglais. Après, l’important pour n’importe quel auteur, c’est d’être lu, et je pense qu’ils se foutent tous que ce soit sur du PQ ou sur l’écran d’une tablette ! Certains considèrent cependant l’édition papier comme une consécration… C’est quelque chose que je comprends beaucoup moins : l’important  est de voir son travail reconnu, d’avoir des gens pour vous aider à vous améliorer et se battre pour promouvoir vos bouquins ! Cela, vous l’avez aussi chez un éditeur numérique, et peut-être même davantage.

Les lecteurs. Nous pouvons, je crois, séparer ce groupe en deux parties : le gros lecteur et le lecteur occasionnel. Je pense qu’une immense majorité de ces derniers serait prête à renoncer au papier et à ne lire que sur support numérique, le confort de lecture ne se faisant de plus en plus crucial qu’au fur et à mesure du temps passé à lire. En ce qui concerne les gros lecteurs, nous pouvons les subdiviser eux-même en deux parties : ceux d’ores et déjà acquis à la lecture numérique, qui n’attendent souvent qu’un catalogue digne de ce nom, et les fétichistes (les membres de l’ADOPI, les Adorateurs De l’Odeur du Papier Imprimé) qu’il va falloir travailler au corps et dont nous retrouverons toujours des adeptes à travers les âges. Je suis un peu caustique, mais je n’ai rien à leur encontre, et leur droit de lire sur du papier est imprescriptible. J’ai longtemps cru être des leurs ; finalement pas. Ce que je trouve étonnant, c’est que ce sont les lecteurs qui pourraient le plus facilement se passer du papier à l’heure actuelle – si on supprimait subitement le papier, les lecteurs continueraient à lire, quoi qu’ils en disent –, et c’est pourtant eux qui dictent la transition vers le numérique.

Les éditeurs. Les éditeurs sont un peu comme les auteurs : ils sont dépendant financièrement des désirs du lecteur. Hormis cela, le papier n’est absolument pas nécessaire à leur travail ! Le numérique ne changera rien au procédé qui fait d’un manuscrit un livre… Ils ne sélectionneront pas différemment les auteurs qui méritent d’être édités de ceux qui ne le méritent pas. Ils ne retravailleront pas autrement un texte avec l’auteur dans le but d’une édition numérique. La promotion n’en sera que guère différente ; de toute manière, elle a toujours évolué avec le temps : la démocratisation du livre numérique ne va pas être une révolution pour les commerciaux du bouquin. En fait, c’est à partir de la distribution que les choses sont vraiment bouleversées, mais là, c’est plutôt… le libraire qui est concerné.

Les libraires. S’il y en a qui peuvent voir l’extinction du livre papier avec angoisse, c’est bien eux ! Je les comprends, et quelque part, je crois même que je compatis. Néanmoins, si la manière – quotidienne, j’aurais envie de dire – d’exercer leur boulot va être chamboulée, je ne conçois pas pourquoi dans le fond, la raison d’être de leur profession devrait être remise en cause… Le problème, c’est que les libraires sont devenues, au fil du temps et pour bonne partie à cause des éditeurs, davantage des manutentionnaires du papier que des primo-lecteurs. L’avènement du numérique sera peut-être alors un mal pour un bien ? Je ne saurais trop conseiller la lecture d’Inventer ensemble la librairie de demain de Vincent Demulière à ceux que le sujet intéresse ou inquiète.

Comme vous l’aurez sans doute compris, cet article est avant tout l’opportunité de s’interroger sur le papier, sur notre rapport et notre dépendance à celui-ci. Vous me pardonnerez, j’espère, le parti pris : j’ai la conviction que le numérique remplacera un jour le papier, même si cela doit mettre du temps. J’ai néanmoins essayé de ménager la susceptibilité de chacun 😉

À cette heure, 20 Réponses à ce billet.

  1. Pit dit :

    Du côté des auteurs, le papier et l’écran sont complémentaires. C’est le va et vient qui est intéressant. J’écris, je corrige, le relis, sur papier et sur écran. Après avoir écrit sur écran, relire sur papier permet de mieux corriger, à mon sens. De trouver une distance.

    Du côté des lecteurs : je prends des notes sur mes livres, je souligne, j’écris. Le numérique ne me permet pas de conserver ces notes si je change d’appareil, non ?

    Le livre papier. Le problème est qu’il est souvent imprimé sur du mauvais papier, mal collé etc. Il faudrait des livres numériques, et des livres papiers, mais bon dieu qui soient de bonnes qualité ! Ce qui est rarement le cas (à part quelques maisons comme Monsieur Toussaint Louverture, Finitude, Le Dilettante etc).

    • jbb dit :

      Je ne sais pas précisément ce qu’il en est pour les autres, mais concernant le Kindle, les commentaires et surlignages sont sauvegardés sur le compte Amazon, et tu les retrouvés donc d’une liseuse Kindle à une autre, pour peu que tu rachetes une liseuse Amazon. De plus, un fichier txt est généré sur la machine, où sont ajoutés au fur et à mesure ces mêmes commentaires et surlignages.

      Bien d’accord avec toi et Séditer concernant la qualité de beaucoup de livres papier, proprement scandaleux… Quand je vois certaines qualités d’impression et de reliure, je ne vois pas où est l’objet livre tant admiré.

      Après, je ne suis pas pour la mort du papier, mais je la pense inévitable pour toute une catégorie de livres.

  2. Sediter dit :

    Jolie image choisie pour illustrer cet article ! 😉

    Je reste encore peu convaincu par l’idée que l’un tuera l’autre, même si parfois c’est vraiment le cas, comme quand un journal papier disparaît au profit de sa version numérique. En tout cas, le 100% numérique me paraît être un horizon lointain, très lointain.

    Comme tu le soulignes, auteurs et éditeurs se passent presque du papier dans leur vie de tous les jours, et j’avoue que je comprends mal ce qui écrivent encore sur papier face aux innombrables avantages du traitement de texte. En revanche, je suis persuadé que les auteurs qui rêvent papier sont encore nettement plus nombreux que tu ne le penses.

    Pour beaucoup, l’idée n’est pas forcément d’être lu, mais surtout de se voir imprimer sur du joli papier. Ce pourquoi des auteurs se ruinent encore avec l’édition à compte d’auteur, pour se retrouver avec 200 exemplaires d’un livre qu’ils ne vendront jamais, mais qui aura le mérite d’être physique, d’exister…

    Ma vision (loin d’être celle d’un expert !) rejoindrait plutôt celle de Pit dans les commentaires. Je trouve ça très vrai que la plupart des livres papiers sont mal finis. On encense le papier pour ses qualités, sa beauté, son odeur, sa longévité, et on achète bien souvent des éditions poches pourries, dont les pages se détachent au fil des lectures, dont l’encre est altérée par le moindre passage du doigt et que les années rendent bien souvent impossibles à manipuler.

    Je verrais davantage le numérique comme la disparition du poche, et le papier pour les « beaux livres », pour les cadeaux, pour les éditions spéciales.

    Reste que le numérique menace en effet en premier lieu les libraires, dont certains sont déjà malheureusement bien mal en point (et pas forcément à cause du numérique d’ailleurs…). Selon moi c’est avant tout les modes de consommation qui pourraient tuer les libraires. Si le lecteur n’a tout simplement plus le réflexe d’aller chez le libraire pour trouver ses livres, peu importe qu’il les achète en papier ou en numérique.

    • Llu dit :

      « J’avoue que je comprends mal ce qui écrivent encore sur papier face aux innombrables avantages du traitement de texte. »

      Un crayon et un papier, on en trouve partout. Ça tombe pas en panne. C’est très léger. Ça permet d’avoir une copie physique (alors évidemment ça se perd, c’est périssable mais un ordinateur aussi).
      Personnellement, j’écris encore sur papier tout en utilisant également les traitements de texte.

      Sinon, je vous trouve dur avec les livres papiers. A vous lire, ils sont majoritairement mal finis. Franchement, je trouve les Folio pas si mal, tous les Poche ne sont pas horribles. Ceux que j’ai dans ma bibliothèque tiennent encore très bien le coup, et pourtant je ne suis pas forcément soigneuse.

      Évidemment, ce ne sont pas mes livres préférés. Forcément, pour avoir un beau livre papier, il faut mettre le prix.

      Je trouve le numérique très pratique mais j’attends de voir la pérennité de la chose par rapport au papier.

      • jbb dit :

        J’avoue, sur mon blog, je suis parfois un peu provocateur 🙂

        Concernant le papier et le crayon, je n’attaquais pas – d’ailleurs, je n’attaquais personne – ceux qui se servent des deux, mais ceux qui boudent complètement l’ordinateur. Ils font bien souvent passer ça sur le compte du romantisme de l’écriture, alors que c’est plutôt la peur qui dicte leurs actes. Cela dit, à titre personnel, je trouve qu’Evernote sur Smartphone, tablette et ordinateur est plus efficace et sûr que le crayon et le papier. Et la copie en ligne ajoutée à la copie en local sur les différentes machine est bien plus sûr qu’une « copie physique » (et rien n’empêche d’imprimer). En revanche, c’est plus coûteux, et il faut faire attention à bien avoir toujours de la batterie… Mais comme je suis incapable de garder un morceau de papier volant ou un carnet bien rangé, le numérique me convient mieux. A chacun de trouver la méthode qui lui convient.

        Pour ce qui est des livres de poche, je n’ai pas l’impression d’être si méchant. J’ai lu plusieurs Folio récemment, polars pour être précis, et j’ai trouvé l’impression scandaleuse (j’ai dû m’habituer à la propreté du numérique). Il y a régulièrement des morceaux ou des lettres entières qui sautent… Ça bave de partout… Mais en ce qui concerne la reliure, Folio n’est sans doute pas le pire, je vous le concède.

        Enfin, votre question sur la pérennité du numérique est tout à fait pertinente et légitime… Pour ma part, je ne relis assez peu, alors ce n’est pas quelque chose de prioritaire.

        • Llu dit :

          (On peut passer au tu ? Je disais vous pour parler du billet et du commentaire de Sediter 🙂 Ca me fait bizarre d’être vouvoyée ;))

          Sinon, je comprends bien, ça m’étonne en fait parce que je n’ai jamais eu aucun problème. Et je suis plutôt du genre négligente avec mes bouquins de poche.

          Ceci dit, j’ai surtout beaucoup de Folio (les blancs : littérature assez classique je pense) qui je trouve sont assez résistants et l’encre est pas mal du tout. Ils sont tout de même pas donnés par contre.

          J’ai tendance à relire beaucoup (pas tout évidemment, sinon, je serais pas sortie de l’auberge) et du coup, la question de la pérennité est particulièrement importante pour moi.
          Et également, j’accorde de l’importance à l’appendice critique qui n’est pas encore présent en numérique. Du coup, je ne peux pas, comme François Bon, envisager de jeter mes Pléiades (je ferais moins d’heureux en plus puisque je n’en ai pour l’instant que deux) ou mon gros livre édition Poche de Rabelais. Et pourtant, si je pouvais tout avoir en numérique, je préférerais 100 fois !

          Pour moi le papier, à part de très très belles éditions qui ont un prix conséquent, c’est fini.

          • jbb dit :

            Ah ben voilà, les Folio blancs, cela fait longtemps que je n’en ai pas lu 🙂 C’est en effet des choses plus classiques, plus « blanches » que ce que je lis la plupart du temps (j’en ai encore quelques non lus dans ma bibliothèque, il faudrait que je m’y attèle). Possible que ce soit de meilleure qualité – je ne suis pas chez moi –, reste à savoir pourquoi ils destinent leur mauvais matos aux littératures de genre ? C’est peut-être significatif de l’estime qu’ils en ont ?…

            J’aimerai aussi dire que pour le roman et les essais, le papier c’est fini, mais c’est malheureusement impossible. Il y a encore beaucoup de titres dont j’ai besoin (pour mes recherches documentaires préalables à l’écriture, par exemple) et qui ne sont pas encore disponibles en numérique. Dommage d’ailleurs, mais j’expliquerai pourquoi en réponse à Lisa.

  3. […] « A-t-on encore besoin de papier ? », un sujet de Jean-Basile Boutak. […]

  4. Lisa Destoop dit :

    J’abonde dans le sens de Pit. « Ceci ne tuera pas cela ». On peut aimer lire sur écran (c’est, de toutes façons, devenu une nécessité) et utiliser le livre-papier dans d’autres circonstances. Le cinéma n’a pas tué le théâtre, la télévision n’a pas tué le cinéma, et même si « Omar m’a tuer », les nouveautés techniques n’entrainent pas la fin du vieux monde. Vieille dame indigne, j’aime feuilleter du papier de qualité, lors de mes insomnies. Et c’est encore meilleur quand est imprimé dessus un texte génial, ce qui est présentement le cas (je fais mes délices de « Moby-Dick », enfin compris, dans la seconde édition Norton, qui date de 2002 : beau papier, petit prix, travail éditorial impeccable). J’aime aussi souligner, commenter, écrire mes pauvres pensées dans les marges de mes livres, sauf s’il s’agit d’éditions exceptionnelles, bref avoir un rapport actif et passionné au texte. Peut-être JBB va-t-il me juger vieux jeu, mais il me semble que le papier se prête mieux que la liseuse à ces vices solitaires…. C’est la raison de ce modeste témoignage : «And I only am escaped alone to tell thee.»

    • jbb dit :

      La raison de cet article n’est pas de savoir qui est vieux jeu, ou qui ne l’est pas. C’est plutôt d’être provocateur un peu – ce genre d’article fait réagir les lecteurs, et j’aime ça –, et d’inciter les gens à se poser les « bonnes » questions, beaucoup (en toute modestie).

      C’est intéressant de comparer Papier vs Numérique comme un Théâtre vs Cinéma. Je n’y avais jamais songé. Je le voyais davantage comme un Copiste vs Imprimerie. Le jeu au théâtre n’est pas le même qu’au cinéma, du moins il me semble. Et la mise en scène encore moins. Je ne comprends pas où se situe en revanche la différence selon qu’un texte soit imprimé ou affiché sur un écran, pour peu que celui-ci offre un confort de lecture semblable au papier ? Je triche un peu en disant que je ne comprends pas, car j’ai ma petite idée. Je pense que c’est une histoire de sensualité. Beaucoup de gens ont encore du mal à envisager un rapport sensuel à la machine, qui reste pour eux quelque chose de froid. Ce n’est pas mon cas, peut-être parce que je suis un peu (honnêtement, beaucoup) geek. Comme toi Lisa, j’annote et surligne beaucoup, et je trouve cela plus aisé en numérique. D’autant que lorsque je le fais sur papier, je l’informatise ensuite… Le numérique me fait donc gagner du temps.

      Je ne pense donc pas qu’il s’agisse d’être vieux jeu ou pas, mais plutôt d’une histoire d’habitudes bien ancrées.

      Enfin, j’avouerais qu’il y a encore des livres pour moi qui ne sont pas remplaçables par leur pendant numérique : les livres techniques notamment (cuisine, échecs… informatique !), pour lesquels je trouve qu’il est encore plus facile de feuilleter un livre papier pour retrouver rapidement ce que l’on cherche. Et il y a aussi de beaux ouvrages : je lis actuellement un livre d’entretien avec Tim Burton, publié chez Sonatines, agrémenté de dessins du réalisateur, et pour lequel il est encore impossible d’obtenir un plaisir de lecture équivalent en numérique. Mais il s’agit là d’un problème lié aux capacités des machines actuelles… À ce sujet, j’ai d’ailleurs encore quelques sujets d’inquiétudes : si les constructeurs écoutent certains experts en lecture numérique bien peu éclairés, et privilégient la polyvalence de leurs appareils au confort de lecture, je crains que nous n’entendions plus parler de livres numériques demain.

      • Paumadou dit :

        Pour les livres de cuisines, j’avoue que je me tourne de plus en plus vers les blogs et sites web avec les commentaires et les explications pour bien réussir la recette (combien de fois j’ai loupé une recette d’un bouquin à cause d’un mauvais calcul ou d’une indication douteuse !)

        Pourtant des livres de cuisine papier, j’en ai que j’adore, j’ai mon propre carnet de recettes (écrit à la plume d’oie quatre couleurs :P) mais même pour des recettes simples, je vais de plus en plus vers les blogs cuisine, le netbook dans sur un coin du plan de travail et les mains dans la mélasse.
        Comme quoi, c’est vraiment une question d’usage et de ressenti personnel : peut-être que si j’avais un livre de recettes ancestral avec les annotations de générations de mère-grand-mère-arrière-grand-mère, je préférerai le papier. Mais manque de bol, mon arrière grand-mère cuisinait à peine, ma grand-mère pareil, ma mère aussi… Autant dire que le mythe de la femme au foyer qui se transmet les recettes depuis des siècles, chez nous, c’est vraiment pas d’actualité (vive les blogs cuisine !)

  5. Llu dit :

    Oh mais quand je dis que c’est fini. C’est un souhait. Je lis/achète encore beaucoup en papier parce ça correspond à mes lectures : littérature « classique », essais, livres de photo mais aussi manuels.

    Je trouve qu’on navigue plus rapidement dans un manuel papier, avec pages cornées/post-it que dans un ebook. Surtout quand il s’agit de va-et-vient rapides entre les chapitres.

    • Pan dit :

      Au sujet de la navigation, petite question si je puis me permettre.

      Bon, les livres numériques ont une table des matières, qui est accessible via un menu, qui se crée automatiquement quand nous produisons le fichier et qui, je m’en rends compte maintenant, semble très peu utilisée.

      Si tu avais les éléments de navigation dans le livre, est-ce que ça te conviendrait mieux ?
      Pour de la non-fiction, par exemple, préférerais-tu que le livre s’ouvre sur un « sommaire » qui puisse servir d’accueil au sens site web / tablette / téléphone tactile, des liens qui mènent à ce sommaire dans les chapitres (pour faciliter la lecture non-linéaire), etc. ?

      Pas mal de gens rabâchent que ça ne sert à rien parce que c’est déjà offert, mais à demander aux gens, je me rends compte qu’ils n’utilisent pas ces fonctionnalités car UI/UX (expérience utilisateur) déficiente chez les fabricants.

      • jbb dit :

        Bonne question, Pan. Chez Numériklivres, on met une table des matières en dure (en plus de celle incorporées automatiquement), mais on la dispose à la fin… Ce serait intéressant de savoir si on gagnerait à la mettre au début.

        • Pan dit :

          Alors justement, j’ai un article qui parle de ces choses-là la semaine prochaine.

          Disons qu’il y a des raisons pratiques (avertir le lecteur qui est habitué aux fichiers de mauvaise qualité type conversion Kindle sans accès à la toc… et qui ne pense donc pas automatiquement à vérifier qu’il y en a une) mais également marketing à la mettre au début.

  6. Matthieu dit :

    Je me permets de revenir sur cette phrase : « Le numérique ne changera rien au procédé qui fait d’un manuscrit un livre… Ils [Les éditeurs] ne sélectionneront pas différemment les auteurs qui méritent d’être édités de ceux qui ne le méritent pas. ».

    Je crois que le numérique a déjà fondamentalement changé les modalités d’édition, s’il n’a pas changé les éditeurs. Il existe aujourd’hui une quantité non négligeable de « textes amateurs » qui ne doivent leur existence qu’à celle de l’édition numérique. C’est encore assez limité au niveau purement textuel mais l’offre en bande dessinée par exemple concurrence largement celle de l’édition papier.

    De plus, il existe un processus de sélection et d’édition parallèle à celui qui existait avant : ce n’est plus toujours l’éditeur qui choisit qui sera édité mais les lecteurs/consommateurs numériques qui reconnaissent et font connaître un auteur, publié par la suite. Ce processus est largement répandu dans l’édition de bande dessinée, mais également dans la production musicale et vidéographique. Il est vrai que la lecture reste encore un peu à l’écart de ce phénomène, comme celui de la piraterie (inévitable) des supports numériques, pourtant existante.

    Il y’a peut-être encore, autour de la lecture, une vision plus élitiste, plus intellectuelle du monde (que, par exemple, dans la télévision, la musique ou le cinéma) qui fait que l’on maintient fortement l’ancien modèle. De plus, la relation au livre est aussi plus intense. On corne les pages, on annote, on souligne, on en déchire parfois un passage. Cette relation physique à l’ouvrage est fortement tributaire du format papier. Un passage au numérique est donc relativement brutal, il implique une modification fondamentale de notre relation au support lui même. Le passage à la vidéo ou à la musique numérique n’a, lui, engendré aucune différence (ou fortement minime) dans cette relation au support. La musique parvient toujours à nos oreilles de la même manière, par un haut-parleur, et la vidéo est toujours visualisée sur un écran.

    Mais cette barrière « physique » étant entrain de tomber avec l’apparition de liseuses performantes et d’autres innovations technologiques très prometteuses, il ne serait pas étonnant que le livre papier disparaisse un jour. Cependant ni la vidéo et ni l’audio, dont j’ai abondamment fait usage dans ma comparaison, ne se sont encore dématérialisés. Le DVD et le BlueRay sont encore les formats de prédilection pour la première et le CD pour la seconde (bien que les ventes sans support soient en très forte progression).

  7. […] Où Jean-Basile Boutak s’interroge : A-t-on encore besoin du papier ? […]

  8. Asia Morela dit :

    Merci pour cet article ! J’ai envie de répondre aux commentaires… Car moi aussi j’ai besoin du papier, pas tellement en tant qu’écrivaine de fiction (je préfère mes premiers jets à l’ordinateur) mais pour tout le reste, et notamment en tant qu’éditrice. 😉

    Pour ce qui est d’écrire sur des livres papier, aaaaargh !!! Infamie ! Je ne supporte pas les gens qui écrivent et soulignent dans les livres ! Je ne pensais pas que je sacralisais les livres papier (je suis à fond pour le numérique), mais en fait si, un peu : pour moi un livre papier doit être pour toujours conservé dans son état d’origine, intact comme au premier jour. Je ne fais jamais de pli dans la tranche, encore moins sur les pages, et je n’oserais pas lever le moindre crayon contre une page… Rien que l’idée me donne des palpitations, LOL. C’est vrai que c’est une des raisons pour lesquelles je rechigne à acheter des livres papier, car même en librairie, on trouve rarement des exemplaires tout à fait parfaits. Ils ont toujours un coin un peu tassé, une petite griffure quelque part, et moi cela me paralyse. (Maintenant vous allez me prendre pour une folle. 🙂 )

    Pour ce qui est des libraires, j’ai du mal à compatir, parce que d’une manière générale je n’ai jamais aimé les librairies, même au temps du tout-papier. Je rêve de rencontrer un jour le libraire du mythe, qui est sympa et qui sait te conseiller ; pour moi, mon expérience des libraires est qu’ils n’ont jamais, au grand jamais, ce que je veux. Même quand je cherche des grands classiques, ils ne les ont pas ; c’est proprement à se tirer une balle ! Et l’on s’étonne de l’essor des sites d’achat en ligne…

  9. […] > A-t-on encore besoin de papier par Jean-Basile Boutak : lire ici. […]

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