Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Vous avez décidé d’écrire un roman. Soit, c’est une saine occupation. Vous avez une idée du sujet que vous voulez exploiter. OK, c’est un bon début. Vos dix doigts vous démangent, et vous avez envie d’attaquer l’écriture proprement dite ! Tout doux… Avant cela, il vous faut vous documenter, si vous désirez apporter un peu de crédibilité et d’épaisseur à votre histoire. Si ça peut vous consoler, même les meilleurs doivent en passer par là, car il est bien rare qu’un auteur soit au fait de tous les domaines qu’il aborde. Voyez également les choses du bon côté de la lorgnette : il est fort possible que ces recherches aboutissent à de nouvelles idées qui viendront enrichir l’intrigue. Tour d’horizon des sources disponibles.

Les livres

Ces bons vieux bouquins, qu’ils soient papiers ou numériques, restent une source de documentation fiable et appréciable, en raison de leur spécialisation sur un sujet donné. Je parle ici, bien sûr, d’essais. Vous baser sur une fiction pour vous documenter est hasardeux : rien n’indique si l’auteur n’a pas pris de libertés avec la réalité, et si à votre tour vous décidez de faire de même, je vous laisse imaginer quel peut être le résultat…

Quand vous lisez un livre en vue d’un projet d’écriture, vous ne pouvez être certain que d’une part vous allez tout mémoriser, et que d’autre part vous n’aurez pas avoir besoin de ces mêmes infos dans dix ans pour un nouveau roman. Je vous encourage donc vivement à prendre des notes au cours de votre lecture, et d’en garder une trace informatique, audio ou écrite.

Les indics

En fonction de ce que vous écrivez, vous avez peut-être dans votre entourage un policier, un chercheur, un avocat, un médecin, un physicien, etc. Il serait dommage de se passer de leur aide, d’autant qu’il est bien rare qu’une personne n’aime pas parler de sa spécialité. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas les ménager : préparer une liste de questions, plutôt que de leur téléphoner ou de leur envoyer un mail tous les jours.

Encore mieux : si votre tonton charcutier n’est pas allergique à la lecture, demandez-lui de lire votre polar qui se déroule dans le milieu de l’andouillette troyenne. Non pas pour qu’il juge si c’est bon ou mauvais, mais dans le but qu’il relève les invraisemblances.

Le terrain

Encore mieux que jouer l’indic, votre tonton charcutier peut sans doute vous emmener une journée pour découvrir la face cachée de sa profession… Il y a ainsi de bonnes chances que vous retiriez de cette journée des éléments précieux de crédibilisation !

N’hésitez pas à vous munir d’un carnet et/ou d’un dictaphone pour garder une trace de vos impressions sur le moment.

Ces conseils valent également si vous décidez de situer l’action de votre roman ailleurs qu’à côté de chez vous : dans la mesure du possible, rendez-vous sur le lieu du crime, oserais-je dire.

La télévision

Méfiance en ce qui concerne la télévision ! Non pas que tout ce qu’on y raconte est sans intérêt, mais il y’a parfois des raccourcis entre la réalité et ce qui est dit, la faute à des contraintes de temps ou d’accessibilité. À vous de juger de la valeur d’un reportage. Quoi qu’il en soit, cela n’en reste pas moins une source d’informations visuelles appréciable, et peut vous aider à décrire un lieu ou à caractériser un personnage principal ou secondaire.

Le web

Si l’on interroge des écrivains qui ont déjà un peu de bouteille, je pense qu’un certain nombre d’entre eux admettront qu’il y a un avant et un après internet. Il faut néanmoins avoir conscience que si le web met une somme folle de connaissance à la portée de l’auteur, elle en fait de même pour le lecteur. Ainsi, il devient beaucoup plus facile à ce dernier de vérifier la véracité ou la crédibilité d’un procédé, d’une scène, d’un lieu, etc. Méfiez-vous donc de ces coquins de lecteurs et prenez les devants !

Un petit palmarès des ressources les plus intéressantes :

  • Wikipedia : une encyclopédie collaborative ;
  • Google Earth : un service de Google bien utile pour visiter ou revisiter (via la fonction Streetview) les lieux dans lesquels se passe l’action de votre récit, surtout si vous n’habitez pas la porte à côté ;
  • Le site de l’INA : pour les archives audiovisuelles ;
  • Le site de l’UTLS : et plus généralement n’importe quel site proposant des conférences audios ou vidéos (répertoire des podcasts d’iTunes par exemple) ;
  • Les archives en ligne de certains quotidiens nationaux ou régionaux ;
  • Et bien sûr tous les sites spécialisés que vous dénicherez grâce à l’ami Google (ou Bing, etc.).

Voilà quelques sources de documentation, mais il en existe bien d’autres ! Cet article est potentiellement collaboratif, alors n’hésitez pas à soumettre vos idées en commentaire.

Sur ce, bonnes recherches !

À cette heure, 3 Réponses à ce billet.

  1. Tipram Poivre dit :

    JBB,

    Je suis d’accord avec vous. J’ajouterais seulement que, avant comme après l’avénement de l’Internet, il est nécessaire de recouper l’info en se renseignant auprès de sources très différentes.
    Les infos trouvés sur Internet peuvent ne pas être fiables, car une erreur produite sur un site sera probablement reprise ailleurs.
    A titre d’exemple, j’ai trouvé des erreurs sur les pères-fondateurs du Mouvement des non-alignés, ainsi que sur… des éléments de mon état-civil, postés par quelqu’un que je ne connais pas.

    Je suis comme vous convaincue qu’un travail de documentation sérieux donnera des accents de véracité au récit.

    Tipram

    • jbb dit :

      C’est une excellente remarque : il est parfois (souvent) indispensable de recouper les infos ! J’ajouterais que c’est valable pour le papier. Même si les difficultés de publication font qu’il y a une certaine sélection, tout ce qui est gravé sur le papier n’est pas d’or ! J’ai une anecdote familiale à ce sujet, sur le temps qu’il faut garder un thermomètre, mais par charité chrétienne, je n’en dirai pas plus :-)

  2. Sediter dit :

    Très bon article, et j’aime l’astuce de Google Earth pour visiter des lieux et voyager un peu ! ;-)

    Et en effet Tipram, Internet permet à n’importe qui d’écrire n’importe quoi sur n’importe quoi, si bien qu’il y a forcément des infos inexactes. Ensuite l’importance de la documentation croît avec le « sérieux » de la publication. Je pense qu’un lecteur d’un roman décalé et comique sera moins en recherche d’exactitude qu’un lecteur de thèse !

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