Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Cela fait bientôt un an que je suis l’heureux possesseur d’un Kindle 4. Si écrire un énième test de celui-ci n’aurait pas eu de sens – d’autant plus que de nouveaux modèles sont sortis récemment, et même si le Kindle « tout court » est très proche dans ses caractéristiques – un article sur l’écosystème Kindle m’a en revanche semblé pertinent. Car « Kindle » est bien plus qu’une liseuse, c’est un ensemble de fonctionnalités et d’applications, et au moment de l’achat d’un appareil dédié à la lecture, ce paramètre peut (devrait) rentrer en ligne de compte. Apple et Kobo l’ont d’ailleurs bien compris.

Les liseuses

La famille « Kindle » se décompose en fait en trois sous-familles :

  • Liseuse d’entrée de gamme, avec uniquement le Kindle « tout court » (cette appellation est de moi, bien entendu). Avec un prix de 79 €, c’est le produit d’appel d’Amazon.
  • Liseuses de moyenne gamme, avec le Kindle Touch et le Kindle Paperwhite. Avec des tarifs oscillants entre 100 et 200 €, ces modèles proposent des fonctionnalités absentes du Kindle « tout court » : le tactile et la possibilité d’opter pour une connexion 3G notamment.
  • Tablettes multimédias haut de gamme, avec le Kindle Fire et le Kindle Fire HD. Ceux ne sont plus des liseuses à proprement parler, mais des tablettes multimédia, moins dédiée à la lecture (à cause d’un écran rétroéclairé traditionnel plus fatiguant pour les yeux) qu’à la consommation de contenus audio, vidéo et ludique. Leur tarif commence à 159 €.

Chaque sous-famille présente une interface et des fonctionnalités légèrement différentes les unes des autres, attribuables à leurs possibilités tactiles ou multimédias. Toutes permettent néanmoins la lecture – c’est heureux –, l’achat de livre, la prise de note, le surlignage, l’ajout de signets, la recherche dans un dictionnaire (plusieurs langues sont disponibles, le bon dictionnaire étant automatiquement sélectionné), ou encore le partage sur les réseaux sociaux.

Chaque appareil correspond à un profil d’utilisateur. Le simple lecteur occasionnel optera pour le Kindle « tout court », le gros lecteur plus certainement pour le Kindle Touch ou Paperwhite, et le lecteur occasionnel aussi consommateur de musique et de films pour le Kindle Fire, HD ou non.

En ce qui me concerne, j’ai opté pour le Kindle 4 (non Touch donc) par défaut : c’était le seul modèle disponible en France au lancement du Kindle Store en France. C’est d’ailleurs un reproche que l’on pourrait adresser à Amazon : le marché américain est privilégié, et les autres pays sont parfois privés de certaines références, qui finissent par arriver après plusieurs mois… ou quelques jours, toujours par surprise, ce qui rend difficile d’acheter sans regret un Kindle plutôt qu’un autre.

Les applications

Que vous possédiez ou non un Kindle, Amazon propose gratuitement au téléchargement des applications Kindle pour la plupart des systèmes d’exploitation, qu’il s’agisse d’ordinateurs, de tablettes ou de smartphones : Mac OS, Windows, iOS, Android, BlackBerry, Windows Phone.

Vous pouvez donc acheter des livres sur le Kindle Store, même si vous n’avez pas d’appareil frappé par Amazon. À mon sens, ce n’est pourtant pas le principal avantage : comme vos ebooks, notes et signets sont synchronisés, cela veut dire que vous pourrez commencer une lecture le soir sur votre Kindle Paperwhite, la continuer le lendemain matin dans la salle d’attente de votre dentiste, la poursuivre sur votre PC pendant la pause de midi ou en attendant une réunion, et la terminer sur votre tablette avant de regarder le journal télévisé.

Sans abuser de cette possibilité, je dois avouer que je jongle régulièrement entre mon Kindle, mon smartphone sous Android, mon iPad et même parfois mon Mac. Je n’ai jamais constaté aucun dysfonctionnement dans la synchronisation, et tout se fait de manière parfaitement transparente. Il faut noter tout de même qu’une connexion internet configurée sur chacun de vos appareils est nécessaire.

La lecture sociale

Il y a ceux pour qui lire est un acte profondément solitaire, voire égoïste. Et il y a ceux qui aiment partager leurs lectures et leurs impressions sur celles-ci. Je fais partie de cette dernière catégorie.

Le Kindle permet de partager passages surlignés et notes sur Facebook, Twitter et sur le réseau social maison d’Amazon : Amazon Kindle Network. Ce dernier ressemble à Twitter, dans le sens où vous pouvez vous abonner à d’autres lecteurs, et suivre leurs lectures. Malheureusement, il est moins ergonomique que le réseau à l’oiseau bleu. Conséquence de cela ou non, il est peu utilisé, du moins en France. C’est dommage, car je trouverais cela intéressant de découvrir de nouveaux auteurs par leurs lectures, car en ce qui me concerne, ce n’est pas tant l’écrivain que la personne qui provoque l’envie de rencontrer une oeuvre.

Les fonctionnalités spécifiques à Kindle

La « killer feature » comme diraient les Anglo-saxons, c’est à mon avis Send To Kindle. Cela permet d’envoyer sur son Kindle un document mobi, prc, word, text ou rtf (malheureusement pas ePub, mais nous allons y revenir) par mail ou via une application, et donc sans fil ! Pas obligé de chercher le câble et de se contorsionner pour trouver le port USB dès que l’on veut ajouter un fichier sur sa liseuse. Si vous avez besoin de lire quotidiennement de nombreux documents textes, c’est LA fonctionnalité que vous allez adorer, vous pouvez me croire !

À ma connaissance, Amazon est également seul à proposer le prêt de livre numérique à ses abonnés Premium, mais c’est tout nouveau en France, payant (49 €) et limité à un livre par mois.

Enfin, et même si on ne peut pas considérer que ce soit une fonctionnalité, mais j’aimerais néanmoins signaler ici l’excellent SAV d’Amazon. L’expérience que j’ai eue à propos d’un Kindle présentant un bouton abîmé a été fidèle à mes précédents contacts avec le service client du géant américain : sans accros. Un Kindle neuf m’a été envoyé sans faire de manière, et je n’ai eu à renvoyer l’appareil défectueux qu’une fois le nouveau reçu. Tout cela sans aucuns frais supplémentaires.

Le poil à gratter

Même si je suis plutôt un utilisateur convaincu du Kindle, je suis assez lucide pour me rendre compte que tout n’est pas parfait au royaume dont Jeff Bezos est le roi.

D’abord, nous l’avons déjà vu : la stratégie d’Amazon hors USA est parfois difficile à comprendre et à anticiper.

Ensuite, comme nous l’avons également évoqué, Amazon n’est pas l’ami du format ePub : la liseuse n’est pas compatible avec ce standard, et Send To Kindle ne permet pas de faire la conversion. Il faut donc utiliser un logiciel tiers, ce qui nécessite une manoeuvre supplémentaire et complique la vie de l’utilisateur.

Enfin, corollaire du non-support de l’ePub, Amazon emploie un format propriétaire qu’il est le seul à supporter vraiment. Ajoutons à cela qu’il est difficile de savoir quand on achète un ebook avec DRM, et il me semble honnête de vous dire une chose : si vous vous engagez avec Amazon aujourd’hui, vous vous liez à lui pendant un bon moment, et vous serez sans doute contraint de racheter un Kindle lors du renouvellement de votre appareil, si vous ne voulez rien perdre de vos achats. Je ne prétends pas que le jeu n’en vaut pas la chandelle, mais il faut bien y réfléchir.

En guise de conclusion

L’écosystème Amazon est bien rôdé – il faut dire que la firme a été pionnière dans le domaine du livre numérique –, le matériel de bonne facture, et le service après-vente impeccable.

L’expérience de lecture est excellente, et tout semble fait pour faciliter la vie de l’utilisateur… à condition de rester dans le giron d’Amazon. À vous de voir.

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À cette heure, 5 Réponses à ce billet.

  1. Tipram Poivre dit :

    Quelques questions :

    - Où se situe votre Kindle 4 dans la gamme ?

    - Pensez-vous que le Kindle-tout-court convienne à un enfant de 11 ans ?

    - Y-a-t-il des différences notables entre Fire, Touch et Paperwhite ?
    J’avoue que tant de possibilités m’embrouille. Eh oui, quand je n’ai pas le choix, je grogne, et quand je l’ai, je grogne aussi.

    Je pose ces questions par pure curiosité, car quand j’aurai les moyens de m’offrir quelque chose, je pense que j’opterai plutôt pour la dernière tablette Samsung. Quoique…

    Tipram

    • - Où se situe votre Kindle 4 dans la gamme ?

      Mon Kindle 4 n’est déjà plus au catalogue (eh oui, une dizaine de mois seulement après son achat), mais le Kindle « tout court » en est très proche. Seul l’écran de nouveau modèle est de meilleure qualité, grosso modo.

      - Pensez-vous que le Kindle-tout-court convienne à un enfant de 11 ans ?

      En voilà une bonne question. Étant donné que les enfants d’aujourd’hui sont de plus en plus à l’aise avec tous les objets électroniques, je pense que oui.

      - Y-a-t-il des différences notables entre Fire, Touch et Paperwhite ?

      Déjà le Fire est une tablette avec un écran rétroéclairé, et non un écran e-ink qui offre une qualité de lecture proche du papier et qui équipe le reste des Kindle). C’est important pour le confort de lecture. En revanche, le Fire n’est pas qu’un appareil de lecture d’ebook, mais aussi un appareil permettant de regarder des vidéos ou d’écouter de la musique.

      Le Paperwhite est en quelque sorte un modèle évolué du Touch. Il possède un système d’éclairage de l’écran par les côtés, qui permet de lire dans l’obscurité, sans être aussi agressif qu’un écran rétroéclairé par en dessous.

      Chaque appareil répond à des besoins, aucun n’est parfait pour tout, le modèle a choisir est à déterminer en fonction de ses priorités et de ses préférences.

      Une tablette Samsung sera en effet plus ouverte qu’un Kindle Fire.

      • Tipram Poivre dit :

        Merci, JBB pour votre réponse qui répond à mes interrogations, et pour votre patience. Je crois que je prendrai le Kindle-tout-court pour mon petit-fils, et, plus tard, une tablette Samsung pour moi.

        Tipram

  2. dominique dit :

    coucou, moi j’ai le kindle tout court à 79 euros et je télécharge pas mal pour l’instant je ne vais pas en changer car il me suffit..
    Bonne soirée
    Dominique

    • Jean-Basile Boutak dit :

      Merci Dominique pour votre commentaire.

      Bien sûr, tant que l’appareil convient, inutile d’en changer… C’est d’ailleurs plus écologique, car les appareils technologiques sont généralement très polluants à produire.

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