Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

En début de semaine, je lisais ce billet et ce billet sur le blog de Marc Zaffran/Martin Winckler. Je pense que n’importe quel auteur se retrouvera dans l’un comme dans l’autre, qu’il écrive ou qu’il n’écrive plus. Et cela m’a donné l’idée de ce billet, qui est en quelque sorte à mi-chemin des deux précités, ou qui est en tout cas inspiré de sentiments proches.

Qu’elle est longue la route de l’écriture, et que c’est un art difficile à maitriser. Du moment où l’on sait poser un mot derrière un autre, on a l’impression fallacieuse de savoir raconter des histoires. Et en un sens, c’est vrai. Mais plus on progresse dans son art, et plus on se rend compte que le chemin est long, que l’essence d’une bonne histoire est complexe, et qu’il est difficile d’en maîtriser les subtilités.

Qu’elle est longue la route de l’écriture, et que l’on est parfois seul. Seul devant sa page blanche. Seul face au choix de consacrer sa vie ou une partie de celle-ci à une activité inévitablement solitaire, qui met de côté au moins pour un temps les gens que l’on aime. Seul face au résultat de son travail, qui ne vaut parfois pas un clou et en tout cas pas le temps consacré.

Qu’elle est longue la route de l’écriture, et semé de mauvaises rencontres. Il faudrait les éviter, s’abstenir de demander l’heure à certaines personnes, même si on les croise avec un panier de montre au coin d’un bois. Seulement, il est parfois difficile de distinguer le bon grain de l’ivraie. L’écriture, c’est souvent une lutte pour l’ego, entre ego.

Qu’elle est longue la route de l’écriture, mais qu’il est valorisant d’apprendre et de progresser. A condition de se remettre en question, on ne cesse d’avancer et de s’améliorer. Comme tous les arts, la maitrise s’atteint par la répétition ad nauseam et par l’imitation. Ce n’est pas toujours aussi magique qu’on le voudrait, mais on a la certitude d’écrire mieux demain qu’hier.

Qu’elle est longue la route de l’écriture, mais qu’on aimerait qu’elle ne se termine jamais lorsque l’on fait de belles rencontres. C’est inévitable, à fréquenter des sensibilités proches. Ce qui ne veut pas dire qu’un auteur ressemble à un autre. Au contraire, chacun a son background, et l’on peut ainsi se nourrir de l’autre et étoffer sa propre expérience. L’écriture est en cela paradoxale : solitaire à l’origine, elle ne vit que par le nombre et la rencontre. C’est comme les deux effets Kiss Cool.

Qu’elle est longue la route de l’écriture, mais qu’elle est nourrissante. Si en écrivant, on se vide certainement de quelque chose (de douloureux, ou qui tient à cœur), on a besoin au préalable de se remplir de tout un tas d’autres choses : de connaissances d’intérêt général ou spécialisé, de lectures de tous horizons, d’expériences auxquelles on aurait pas songé, que sais-je encore ? Même si l’écriture ne donne « rien », on est au moins au sûr de garder tout cela, et c’est déjà beaucoup.

Je vous invite à compléter ce billet dans les commentaires, si le coeur vous en dit !

PS Je vous encourage à lire le livre – tous ses romans, en fait – de Moitessier, même si vous n’êtes pas marin. D’ailleurs, je ne le suis pas, pas au sens de navigateur en tout cas ; car par ailleurs Dieu sait que j’aime la Mer.

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