Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Noël, n’est-ce pas le moment de parler avec le coeur ? Certaines années, il m’arrive de le faire en écrivant un conte de Noël ; aujourd’hui, je me suis dit que le blog était là pour cela.  

Ceux qui me connaissent savent que je suis un dingue de Noël. Mais peu le comprennent. Chez moi – enfin chez nous, car ma femme m’a rejoint dans mon délire, et loin d’essayer de le réfréner, l’encourage –, il y a toujours au moins deux ou trois sapins, le même nombre de crèches, profusions de photophores et de bougies, des guirlandes de sapins accrochés aux poutres ou autour des portes. La musique de Noël, Nat King Cole en tête, résonne dès la mi-novembre. Je prépare un repas de fête le 16 septembre, cent jours avant Noël, et nous regardons un « faux film » de Noël, c’est-à-dire un film dont l’action se déroule à Noël, mais dont Noël n’est pas le thème principal (par exemple, Maman j’ai raté l’avion). À propos de films, j’en ai une collection intéressante en DVD, avec une préférence pour The Night they saved Christmas, téléfilm (oui, oui) américain, avec Jaclyn Smith en second rôle (bah oui, ce n’est pas la drôle de dame qui s’est transformée en Père Noël).

Vous voyez un peu le tableau ?

Je le disais en introduction : j’aime écrire des contes de Noël. J’en ai terminé deux qui me semblent convenables, le récit sur lequel je travaille en ce moment a Noël pour toile de fond, et j’ai dans mes tiroirs le premier jet d’un roman jeunesse qui se déroule à Noël. Et je suis sûr que ce n’est que le début.

Alors, même si on ne peut pas se psychanalyser soi-même *, j’ai un peu réfléchi au pourquoi de la chose. Comme beaucoup de personnes qui éprouvent le besoin de s’exprimer par l’écriture ou par une activité artistique, je suis un hypersensible. Et nous, les hypersensibles, nous avons parfois du mal à nous confronter au monde – ou en tout cas à l’accepter. Sa folie nous fait peur. Je crois donc qu’à travers cette course à la Noëlisation, c’est mon enfance que je recherche. J’essaie de redevenir un enfant, de retrouver ma capacité d’émerveillement et d’innocence quelques jours par an. La tâche est difficile, car plus on vieillit et plus il en faut pour nous replonger dans cet état, comme un alcoolique qui a besoin de plus en plus de vin. Alors, écrire ces récits, ces contes, c’est une manière d’y accéder sans limites de budget, sans risque pour la santé. Et je pense qu’ils sont écrits avec le coeur, même si cela étonne toujours qu’un amateur de polars et de romans noirs produise ces textes qui contiennent une part de naïveté et de bons sentiments. Mais pas seulement, du moins je l’espère.

Cela surprend ou dérange, mais j’aime me livrer à coeur ouvert sur ce blog. Tous mes billets ne s’y prêtent pas, et de toute façon ça n’intéresserait personne à la longue, mais une fois de temps en temps, c’est comme le chocolat, ça n’a jamais fait de mal.

Il me semble enfin que le moment est « merveilleusement » choisi pour vous souhaiter un joyeux Noël ! Tâchez de faire en sorte d’oublier vos soucis, vos chagrins, et profitez du temps présent, de vos proches qui vous honorent de leur compagnie et de leur amour. Plein de bonnes choses à vous tous, et à l’année prochaine !

* À ce sujet, je ne pense pas que l’écriture soit une psychanalyse, ou en tout cas qu’elle soit suffisante. Je dis sans honte que j’aurais besoin de voir un professionnel, comme sans doute tous les auteurs du monde, et je le ferai dès que je le pourrai. Je crois qu’il faut arrêter avec l’autopsychanalyse par l’écriture (ou par d’autres moyens d’ailleurs), ce n’est qu’une mauvaise excuse pour ne pas se confronter à ce que l’on est, et la marque d’un manque d’humilité.

Catégories: Confidences Mots clefs : , 0 like

À cette heure, 6 Réponses à ce billet.

  1. Alors, Joyeux Noël à toi et aux tiens, Jean-Baptiste °oO

    Et ne t’inquiète pas de quelconque normalité, elle n’existe pas ; la société n’est qu’une vitrine avec passage préalable au maquillage. Éclate-toi dans ce qui te rend heureux et banzaï !

    Eric, auteur qui n’a jamais consulté de psy (sauf à en croiser un que je pourrais aider – rire) °O°

    • Jean-Basile Boutak dit :

      Merci Eric ! Un très bon noël à toi et aux tiens également.

      Je n’ai pas précisé, mais j’ai déjà vu un psy deux fois, mais on était visiblement pas fait pour s’entendre 🙂 L’un d’eux me parlait des problèmes qu’il avait avec son père… Le monde a l’envers. Cela dit, je sais que quand on trouve chaussure à son pied, ça peut vraiment aider et faire avancer.

  2. Jartagnan dit :

    Joyeux Noel à toi et à toute ta famille.
    Ton approche de noel est je trouve, extrèmement sympa. Pour ma part, je commence à faire les cadeaux début septembre, histoire d’étaler le tout, mieux pour le budget, et mieux pour la santé des gens qui croisent mon chemin dans les magasins surpeuplés la veille de noel. J’ai des pulsions meurtrières à ce moment là…

    Pour tes contes de noel, j’en ai lu un, mais j’ai pas eu l’honneur de lire le second. Pour ma part, le prochain texte que je vais lancé sera surement un « conte » de noel aussi, j’espère pouvoir le faire pour l’an prochain 🙂

    bonnes fêtes !

  3. Tipram Poivre dit :

    J’ai trouvé par hasard sur le site de Gutenberg.org un conte de Noël en anglais, « Miss Santa Claus of the Pullman » de Annie F. Johnston.
    A cause de vous, je l’ai lu. Il est dénué du suspense de votre « C’est Noël, mon père », mais l’histoire est bien conçue et parfaitement adaptée au public de jeunes auquel l’auteur s’adresse. Il faut bien entendu replacer cette nouvelle dans le contexte de l’Amérique puritaine où l’intrigue se déroule.

    Si vous lisez l’anglais, n’hésitez pas, car le conte est marqué par l’esprit de Noël que vous appréciez tant.

    Tipram

    • Je suis navré Tipram, qu’à cause de moi, vous vous sentiez obligé de lire des contes de Noël 😉
      Non, en fait, je ne suis pas désolé du tout !
      Je lis des ouvrages techniques en anglais, sans problème, mais je ne saurais trop expliqué pourquoi je n’ai pas encore trouvé le courage (ou plutôt l’autorisation) de lire de la littérature dans la langue de Shakespeare.

  4. Tipram Poivre dit :

    Ne soyez pas désolé, Jean-Baptiste, grâce à vous j’ai découvert un auteur que je ne connaissais pas. Et comme ce conte est assez court, cela ne m’a pas exagérément détournée de mon labeur. Vous franchirez peut-être le pas si je vous dis que l’action se situe en grande partie dans un train.

    Tipram

Répondre


Attention : Les commentaires dont le nom/pseudonyme est trop anonyme (ex. : « anonyme » et ses déclinaisons) seront supprimés.