Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Où suis-je ? Où vais-je ? Qu’asperge ? Dans quelle étagère ? Des questions simples et quasi existentielles sur l’écriture et l’écrivain, voilà la recette de cette rubrique. J’ai la conviction que c’est un bon moyen de susciter l’envie de découvrir l’œuvre d’un auteur. Après Pit Agarmen/Martin Page, qui a inauguré cette série d’interviews, c’est autour d’Olivier Gechter de se prêter au jeu. Olivier publie ce mois-ci aux Éditions Voy’ el la version papier de la Boîte de Schrödinger, un recueil de nouvelles de SFFF (Science-Fiction, Fantastique, Fantasy). Ce qui est encore plutôt rare, c’est que La Boîte était jusqu’alors un livre exclusivement numérique, publié aux Éditions Walrus. Et je le dis sans complaisance : un des meilleurs – si ce n’est le meilleur – ebooks que j’ai lu depuis que je suis équipé d’une liseuse (à savoir trois ans maintenant). Je suis donc très heureux « d’accueillir » Olivier dans mes pages.

Qu’est-ce que tu écris ?

Je suis un auteur de genre. J’écris des nouvelles fantastiques, des novellas steampunk et des romans de fantasy urbaine (mais je ne compte pas me limiter à ça). J’aime présenter des histoires qui se passent autour de chez moi, avec des personnages que je viens de croiser dans la rue, mais j’ai déjà écrit des nouvelles de fantasy ou de SF plus classiques.

Depuis combien de temps écris-tu ?

De la fiction, depuis 2001, suite à un pari avec un copain, qui m’avait défié d’écrire une nouvelle de science-fiction pour un concours. Je l’ai gagné et depuis je n’ai plus arrêté.

Avant ça, j’écrivais plus des essais, des exposés, des petits articles dès que j’en avais l’occasion. Et comme tout ado fan de jeux de rôles, j’avais bien sûr rédigé des scénarios de maître du jeu, et même des livres dont vous êtes le héros. C’était assez épouvantable d’un point de vue littéraire.

Pourquoi écris-tu ?

J’ai toujours eu des choses à dire, des histoires à raconter. Quand je racontais mes idées autour de moi, on me regardait d’un drôle d’air avant de me dire « t’es un peu bizarre comme mec ». Depuis que j’écris ces mêmes idées sur du papier, des gens viennent me dire qu’ils aiment ce que je fais. C’est mieux non ?

Pour qui écris-tu ?

Pour moi. Écrire, c’est un long moment passé à me raconter une histoire que je ne connaissais pas encore. Il se trouve que le résultat final est assez bon pour être édité, mais c’est purement accidentel.

Où écris-tu ?

Dans les transports en commun et dans les bars. J’ai besoin d’un environnement assez austère pour travailler, avec le moins de distraction possible et le bruit de fond m’aide à me concentrer, paradoxalement.

Quand écris-tu ?

Quand je vais au travail et quand j’en reviens. Parfois, je sacrifie une pause déjeuner pour écrire une heure de plus.

Je me suis installé un bureau dans ma chambre à coucher, pour essayer d’écrire un peu plus à la maison. Je verrai si ça marche.

Combien de temps consacres-tu à l’écriture tous les jours ?

1 à 2 heures. Parfois plus si j’ai un long déplacement professionnel par exemple.

Comment écris-tu : as-tu des rituels, un processus que tu appliques systématiquement ?

Je commence toujours par écrire la fin de la nouvelle ou la fin du chapitre que je démarre. Ensuite je reprends au début et je pose tous les dialogues que j’ai en tête ou que j’ai notés dans mon carnet. Ensuite j’écris du début à la fin.

Bizarrement, ça donne un texte final cohérent. J’essaye encore de comprendre comment c’est possible.

 

Les 7 choix cornéliens (ou pas…)

Stylo ou clavier ?

Les deux. Stylo pour le travail préparatoire (ça va de la prise de note à la rédaction de dialogues entiers) et clavier pour l’écriture proprement dite.

Papier ou numérique ?

Pour lire, je préfère le papier (mais j’ai une liseuse dont je suis très content). Pour éditer, je n’ai pas de paroisse.

Musique ou silence ?

Pour écrire, musique baroque ou bruit blanc. Dans le silence, j’ai vraiment beaucoup de mal à me concentrer.

Classiques ou contemporains ?

Pourquoi choisir ? Quand c’est bon, je lis. Quevedo et Jaenada font tous les deux partis de mes favoris.

Noël ou anniversaire ?

Noël. On y mange bien plus longtemps.

Édition ou autopublication ?

Édition. Pour l’instant, j’ai toujours réussi à trouver un éditeur pour caser mes textes. C’est bon pour l’ego et ça me donne moins de travail. Mais je ne repousse pas l’idée de faire de l’autoédition si un de mes projets venait à ne pas trouver preneur dans le circuit traditionnel.

Littérature blanche ou littérature de genre ? 

Genre. On peut y aborder les mêmes thèmes que dans la littérature blanche, mais en s’amusant beaucoup plus.

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À cette heure, Une Réponse à ce billet.

  1. […] de susciter l’envie de découvrir l’œuvre d’un auteur. Après Pit Agarmen/Martin Page et Olivier Gechter, c’est au tour de Neil Jomunsi, nom de plume d’un éditeur aux dents longues (ceci est à […]

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