Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Couverture « Pour moi, être éditeur c'est et ce n'est pas »

Je lis des ouvrages spécialisés, j’observe le milieu de l’édition (numérique notamment), je parle avec des auteurs et des éditeurs, j’agis en tant que tels. Au fil du temps, je me forge une opinion toute personnelle sur ce que c’est d’être éditeur, et sur ce que cela n’est pas.

Pour moi, être éditeur c’est établir une relation de confiance avec l’auteur ; ce n’est pas instaurer un rapport de force.

Pour moi, être éditeur c’est s’approprier les livres que l’on a choisi de défendre comme si c’était les nôtres ; ce n’est pas pour autant vouloir y laisser sa marque à tout prix.

Pour moi, être éditeur c’est apporter un regard professionnel et objectif sur une œuvre, pour lui donner les meilleures chances de rencontrer son public ; ce n’est pas mettre en page un texte et financer sa diffusion.

Pour moi, être éditeur c’est respecter le lecteur avant toute chose ; ce n’est pas essayer de lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

Pour moi, être éditeur c’est savoir s’accorder le temps quand il le faut ; ce n’est pas précipiter les choses quand on est excité à l’idée de dévoiler un texte ou pressé par des impératifs économiques.

Pour moi, être éditeur c’est chercher à s’améliorer, à faire mieux qu’hier, tout en assurant une certaine continuité dans son travail ; ce n’est pas se reposer sur ses acquis et sur des dogmes, ou tout bouleverser du jour au lendemain, même si l’idée semble géniale.

Pas toujours facile de concilier et de mettre en pratique tous ces principes, de faire la part des choses ; ponctuellement cela peut être impossible. J’ai aussi conscience que ce n’est pas un point de vue partagé par tous, et je ne prétends d’ailleurs pas que ce soit la vérité absolue. C’est la mienne, celle qui me correspond, mon utopie ; j’aimerais être l’éditeur que je souhaite avoir en face de moi quand je soumets un de mes manuscrits. Un même éditeur ne peut pas convenir à tous les auteurs : c’est humain, c’est une question de feeling, parfois de valeurs. À chacun de trouver chaussure à son pied.

Cette « profession de foi » est susceptible de se compléter dans le futur.

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À cette heure, 4 Réponses à ce billet.

  1. Tipram Poivre dit :

    Votre description correspond à la plupart des caractéristiques du portrait-robot de l’éditeur de mes rêves.

    Tipram

  2. Escrocgriffe dit :

    Une belle profession de foi… J’ai envie de dire « Amen » 😉

  3. Martin dit :

    Une belle éthique pour les Maxwell Perkins d’aujourd’hui.
    Bravo !

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