Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Couverture « Des nouvelles, dans tous les sens du terme »Elle est bien loin l’époque où je publiais ici un billet par semaine. Dans ma tête en tout cas, sans doute parce que cela me manque. Ce n’est pas faute d’être à court d’idées ; c’est le temps qui fait défaut. Je me suis jeté à corps perdu – sans regret – dans le lancement de la collection « East End », et puis l’incendie de ma maison a dévoré ma disponibilité comme un monstre glouton. 

Cette dernière aventure, je ne la souhaite à personne, pas même aux plus fieffés imbéciles (pour rester poli) que je connais. Quelle perte de temps, quelle impression de patauger dans la semoule, quelle frustration lorsqu’au même moment tu t’investis à fond dans un projet qui te tient à cœur, qui demande de l’engagement et offre en retour qu’une mince chance de succès. Mais il faut tailler la route.

Faisons le point sur ce nouvel engagement éditorial, et parlons-en, de nouvelles !

Bientôt six mois que j’ai signé aux Éditions de Londres, pour m’occuper de cette collection de polars & romans noirs. Et pour l’instant, je n’ai qu’à m’en féliciter. On est sur la même longueur d’onde, intellectuellement et éditorialement – il faut dire, on avait mis les choses au clair dès le départ. On pose un pied devant l’autre, on progresse, petit à petit, sans prétention. On a cette philosophie et cette méthodologie en commun ; c’est déjà beaucoup. On partage, on se respecte, on échange. Même chose avec les auteurs. Justement, leurs livres : ceux qui nous suivent auront sans doute remarqué que nous avons uniquement publié de la nouvelle pour le moment. Est-ce un choix délibéré ? Non, mais on ne le vit pas mal. Nous avons des envies de romans, il y en aura, mais nous avons surtout envie de sortir de bons textes, quelle que soit leur longueur. Le fait est que les bons textes que nous avons reçus jusqu’à maintenant sont des nouvelles. Et nous ne les considérons pas comme des sous-œuvre au prétexte qu’elles sont plus courtes ou qu’elles se vendent moins. Cela donne au contraire davantage l’envie de les défendre. C’est pourquoi hormis Fragments qui est un recueil qui doit se lire comme un tout, nous en avons fait des livres à part entière : chacune fait l’objet d’une publication séparée des autres de quinze jours minimum, d’une couverture personnalisée, d’une postface propre au texte et à l’auteur. Une préface a été écrite pour chacune des séries (« Jacques l’Éventreur » et « Un Noël en rouge »). C’est aussi pourquoi nous avons décidé de rompre avec les pratiques habituelles dans le « milieu » et de proposer nos titres au prix de 1.99 € plutôt que 0.99 €. Nous sommes convaincus que nos textes valent bien cela et moins certains de la pertinence du modèle des Apps appliqué à la littérature numérique.

Je viens encore de déroger à ma promesse de ne plus vous entretenir des livres que j’édite sur ce blog (tout en parlant d’édition, un comble), mais il fallait que je le dise. Je suis on ne peut plus enthousiasmé par mon travail de ces derniers mois. Par ces auteurs à découvrir, ces très belles rencontres.

En revanche, je dois bien avouer que depuis septembre, j’ai mis mon écriture en sourdine, si vous me permettez l’expression. Je vais néanmoins m’octroyer plus de temps ces prochaines semaines, et attaquer la réécriture de Perfide Albion, dont je vous avais déjà parlé ici. J’escompte que ce sera la dernière de cette importance ; je ne suis pas sûr que j’aurai la patience et la volonté de tout reprendre encore une fois. Je pense le proposer dans la collection « East End », si mon éditeur en chef estime que cela mérite d’être publié – j’espère qu’il osera me le dire dans le cas contraire. Mais avant tout, il faut se mettre au boulot. Je dois trouver le temps et la sérénité, car il y a d’autres projets qui poussent au portillon. Les idées ne manquent pas.

J’allais oublier de signaler que depuis quelques semaines, j’anime un atelier d’écriture hebdomadaire à destination d’enfants de CM1-CM2, dans le cadre de l’aménagement des temps scolaires de la nouvelle réforme. C’est passionnant. D’agréables moments autour de l’écriture et de la lecture. J’admire beaucoup les auteurs qui écrivent pour la jeunesse ; j’espère que j’en serai capable un jour.

À cette heure, 4 Réponses à ce billet.

  1. Martin dit :

    1,99 ça me paraît raisonnable. La création demande du temps, l’éditorial aussi, donc payer raisonnablement est important. Il faudrait aussi des comptes Donate de paypal pour aider les artistes et petites boîtes.

    • Jean-Basile Boutak dit :

      Des copains ont essayé le bouton Donate, mais les résultats ont été très décevants…
      C’est sûr que cela demande du temps, mais il vaut mieux ne pas le compter. Pour chaque nouvelle, c’est environ une semaine à temps plein rien que pour mon propre travail, sans compter celui de l’auteur et des collègues de la maison.

  2. Escrocgriffe dit :

    Bon courage pour « l’après-incendie », ça ne doit pas être simple…
    Et bonne chance pour la réécriture de Perfide Albion 😉

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