Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Depuis disons dix-huit mois ou deux ans, les articles ont eu tendance à se raréfier sur ce blog. Plusieurs raisons expliquent mon silence. Retour sur une période de ma vie à la fois terrible et merveilleuse, et focus sur l’avenir.

Le coup de massue s’est abattu sur moi en janvier 2015. Le coup de massue, c’est la dépression. La dépression, hein, pas la déprime. Ceux qui ne savent pas faire la différence n’ont qu’à lire Tomber sept fois se relever huit de Philippe Labro. L’autre moyen de comprendre la différence est de la vivre, mais je ne le souhaite à personne. Je suis d’une nature sensible à la dépression, et ce n’était pas le premier épisode que je traversais, mais j’ai le sentiment que ce fut l’un des pires. Pourquoi, je ne saurais trop le dire. Ce n’est jamais facile d’analyser une dépression. Mais l’élément déclencheur, qui me fit passer de la déprime à la dépression fut certainement une accumulation de contrariétés, de mauvaises nouvelles, et d’enlisement dans une routine qui ne me convenait pas.

Alors le meilleur moyen que j’ai trouvé pour m’en sortir, hormis de me faire aider, fut de casser cette routine, et donc de mettre en suspend mon activité d’auteur et d’éditeur. Mais contrairement à ce qui a pu être le cas par le passé, je n’avais aucune crainte à ce sujet : je savais que j’y retournerais quand cela irait mieux. Cela fait maintenant complètement partie de ma vie, et je doute que cela en sorte un jour, désormais. Je me suis donc éloigné pour mieux revenir. Je remercie au passage Vincent et Isabelle Potier qui furent et sont toujours très compréhensifs, profondément humains. C’est un plaisir et un honneur de contribuer modestement au développement des Éditions de Londres depuis maintenant 3 ans.

Pendant cette période loin du stylo, loin du clavier, je ne suis pas resté inactif, vous pensez bien. J’en ai profité pour apprendre, un peu par hasard, les rudiments… du travail du bois. Pour tout vous dire, je n’imaginais pas en être capable, mais c’est surtout que je n’avais jamais eu l’occasion de faire quelque chose de mes mains. Et ce fut un véritable plaisir, une révélation, qui m’a réellement aidé à sortir de la dépression. Si vous êtes de nature curieuse, j’ai réalisé quelques vidéos sur la chaîne YouTube de mon autre blog, très éclectique : www.jesuiscurieux.fr.

Une autre « chose » a participé à me sortir de la spirale : devenir papa. Bientôt six mois qu’une petite curieuse remplit ma vie de joie et de bonheur (je sais, c’est un peu cliché, mais c’est ainsi). Durant ces mois d’absence, je me suis également préparé à cela et je me suis investi dans la grossesse de ma femme autant qu’un homme puisse le faire. Ce fut beaucoup de stress, bien sûr, et j’ai parfois craint de rechuter, mais ce sont au final de beaux souvenirs. Et aujourd’hui, je suis un papa au foyer épanoui, complètement dingue de sa fille.

Eh oui, papa au foyer, j’ai décidé d’accorder la priorité à ma fille, et d’être là pour elle, physiquement, au moins ses premières années, avant qu’elle n’aille à l’école. Une manière de lui donner la même chance que moi, et parce que je pense que nous devrions nous arrêter davantage pour nos enfants, bien que certains aient moins le choix que d’autres.

Mais paradoxalement, alors que mon temps hors paternage se réduit à peau de chagrin, j’ai repris il y a quelques semaines mon activité d’auteur et d’éditeur.

J’ai comblé un petit peu mon retard dans l’étude des manuscrits, retenu déjà un texte qui devrait paraître au début du mois de décembre. J’ai rédigé et soumis une nouvelle, écrit un court conte de Noël pour un concours rigolo, commencé la réécriture d’un roman jeunesse.

J’espère continuer sur ma lancée, tranquillement, sans pression, poursuivre mon petit bonhomme de chemin de papa auteur.

J’aimerais aussi perdre moins de temps sur Facebook, mais cette décision n’appartient qu’à moi.

Il n’y a qu’une chose sur laquelle je ne me fais guère d’illusions : je ne trouverai jamais le loisir d’être autant présent sur ce blog que j’ai pu l’être par le passé… Mais je n’oublierai pas de vous tenir au courant de mes publications. Et j’aimerais prendre le temps d’écrire néanmoins un ou deux articles sur d’autres sujets que ma petite personne.

Donc, comme on dit : stay tuned.

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