Écriture & Édition par Jean-Basile Boutak

Lectures 2011 | 2012 | 2013

La note associée à chacun des livres de cette liste reflète davantage le plaisir de lecture que la simple qualité littéraire de l’ouvrage.

Le Père Noël est mort de Nolween Eawy 

Note : 14,5/20

Avis : Le Père Noël est mort est un recueil de nouvelles sur le thème de Noël délicieusement transgressif et parfaitement dérangeant. J’ai vraiment apprécié la manière dont Nolween Eawy a maltraité Noël dans son recueil, chaque fois différemment, mais jamais au détriment de la cohésion de l’ensemble. J’ai un peu moins aimé le style, parfois un peu trop abstrait à mon goût et avec peut-être trop de phrases courtes et pas assez de ponctuation. Je reprocherai également à l’auteure d’avoir parfois cédé à la facilité en cachant des choses au lecteur pour créer un effet de mystère (en fait, un peu le même défaut que dans La Couleur de l’oeil de Dieu de Chris Simon). Enfin, comme les Fingers, je l’aurai souhaité un peu plus long ce recueil.

Au final, j’ai trouvé que cela valait plus de 14 dans mon échelle de valeurs, mais pas tout à fait 15. CQFD. D’où ce premier demi-point pour cette dernière note de l’année.

L’édition et le Webmarketing : Propulser et vendre un livre sur internet de Fabrice Bertocci

Note : 14/20

Avis : Voilà un essai au titre très prometteur qui m’a un peu déçu : le vocabulaire très marketing fait un peu manuel d’étudiant en école de commerce et il m’aurait semblé plus pédagogique de prendre pour trame de fond un projet factice comme exemple d’application de la théorie. L’auteur prodigue des conseils éclairés et transmet quantité d’informations intéressantes, mais ce manque d’aspect pratique fait qu’il me semble difficile de retirer un bénéfice immédiat de la lecture de l’ouvrage.

Je conseillerais également de lire ce livre numérique sur tablette tactile ou liseuse à grand écran (voire un ordinateur), car il est abondamment illustré et la mise en page n’est pas adaptée à un écran de 6 pouces.

Le Fracas de la viande chaude de Maxime Chattam

Note : 15/20

Avis : Hier, j’ai découvert avec stupeur que le Fleuve Noir avait publié en numérique une série de thrillers au tarif alléchant de 2,49 €. Cet éditeur mythique pour qui j’ai beaucoup d’affection (ils publient San-Antonio depuis les débuts du père et les livres de l’univers étendu Star Wars) aurait-il tout compris avant la plupart de ses comparses ? En fait pas vraiment, voire pas du tout. Il s’agit en réalité des sept nouvelles du recueil L’Empreinte sanglante (vendu 19€ au format papier) publiées indépendamment les unes des autres. Or 7 x 2,49 € = 17,43 €… C’eut été trop beau.

Côté qualités littéraires, on ne peut pas vraiment se plaindre. Heureusement. Je ne sais pas si Maxime Chattam est l’écrivain du siècle — il est encore très jeune — mais il a du talent, c’est professionnel et efficace. Je mets en garde les âmes sensibles : c’est du thriller hard-core, très cru, très violent. Moi j’aime, mais il y en plus d’un que ça dérangera. Le sujet de la nouvelle est en revanche assez simple et manque peut-être d’un brin d’originalité puisqu’on a droit aux confessions d’un tueur en série. A lire si on est friand de ce genre de littérature, dispensable dans le cas contraire.

La Couleur de l’oeil de Dieu de Chris Simon

Note : 13/20

Avis : La couleur de l’oeil de Dieu est typiquement le genre de recueil de nouvelles pour lequel je suis bien en peine de donner un avis ! Chris Simon a du talent, c’est indéniable : son écriture est belle, fluide et elle a réussit à me toucher avec la nouvelle Un garçon n’est pas une fille (qui mérite un bon 15/20 et m’a fait un peu penser au recueil de Nicolas Ancion). Seulement, ça s’arrête là. Les autres nouvelles ne m’ont fait ni chaud ni froid, à l’instar du recueil de Pierre Cinq-Mars (voir plus bas). A sa décharge, je suis un lecteur de littérature de genres, et je suis très difficile quand il s’agit de « blanche ». Autre petit reproche : dans plusieurs nouvelles, le narrateur semble en savoir plus que le lecteur. Et c’est quelque chose de maladroit, à mon humble avis.

Avez-vous connu l’Amour de Karl Dubost

Note : 15/20

Avis : Cet ebook est le résultat d’un défi entre François Bon de Publie.net et Jean-François Gayrard de Numériklivres. Fin septembre, Karl Dubost de Lagrange.net passe l’intégralité de son site sous licence Creative Commons dite « de Paternité » et François comme Jean-François ayant envie d’éditer les textes de Karl Dubost, leur vint une idée : publier chacun, le 1er décembre, un ebook de morceaux choisis selon leur bon plaisir. Autrement dit, un travail titanesque. Relevé haut la main par les deux éditeurs 100% numérique.

Avez-vous connu l’Amour ? ne manque absolument pas de cohérence, bien au contraire. On lit ça comme un journal intime et on est pris de l’envie de tout surligner tant les réflexions de Karl Dubost semblent pertinentes. C’est une manière originale et agréable de découvrir un site, autrement on a rarement le courage de remonter le courant et de lire les archives d’un blog. Je lirai bientôt L’Ange comme extension de soi, l’ebook compilé par François Bon.

Etoiles Mortes de Jean-Claude Dunyach

Note : 18/20

Avis : Jean-Claude Dunyach est à ma connaissance le premier écrivain français reconnu à tirer profit des facilités d’auto-édition offertes par Amazon pour proposer en numérique certains de ses ouvrages désormais indisponible au format papier. Fort de son expérience sur 4 livres (deux en anglais et deux en français, dont Etoiles Mortes) il a récemment proposer un tutoriel à destination des tous les auteurs qui voudraient suivre sa voix.

Dunyach est souvent considéré comme un auteur de SF « exigeante » mais je n’aime pas trop cette idée car à trop vouloir être exigeant en SF comme en général en littérature, on en devient vite abscons et on publie de la merde sans s’en apercevoir. Je fais partie de l’école « la beauté est dans la simplicité ».

Etoiles Mortes est à la fois indéniablement poétique, légèrement érotique et parfaitement onirique sans jamais être obscur. Proposé à 2,99 €, on aurait bien tort de se priver d’un roman de cette qualité.

Promotion Borgne de François Ali Wisard

Note : 13/20

Avis : Promotion Borgne m’a prouvé que parfois, la première impression est trompeuse. En lisant un extrait avant de l’acheter, je me suis dit : « Hum, j’aime la manière dont c’est écrit, mais je ne sais pas si je vais accrocher à l’histoire ! ». Au final, c’est un peu l’inverse qui s’est passé. Je ne dis pas que l’auteur n’a aucun talent d’écriture, loin de là (il m’a semblé particulièrement à l’aise dans les dialogues notamment), mais j’ai regretté sur la longueur un manque de précision dans le vocabulaire et des phrases qui demanderaient à être retravaillées. Autre point faible, les décors pas toujours crédibles, un peu carton-pâte. L’histoire — un événement surnaturel qui rend 99% de la population aveugle et donne le pouvoir aux mal-voyants d’avant la catastrophe — dispose d’un vrai potentiel et l’intrigue est plutôt bien menée, même si je trouve la fin un peu inégale par rapport au reste du roman. Autre point positif, l’éventail des personnages est plutôt réussi. Je dirais que le texte manque de maturité pour être vraiment excellent : c’est dommage, pas dramatique et surtout encourageant.

Le Waldgänger de Jeff Balek

Note : 17/20

Avis : J’avais beaucoup aimé Macadam Gonzo. J’avais un peu moins apprécié Le Plup (quoi que je suis fan des pensées quotidiennes de l’animal, enfin du… machin). Dans un tout autre genre — le thriller fantastique — je biche* Le Waldgänger ! Je le dis au présent car il s’agit d’une série qui n’est pas encore terminée : 6 épisodes sont prévus au programme mais seuls 2 sont disponibles pour le moment. Si Jeff Balek est un touche à tout littéraire, il y a une noirceur commune à l’ensemble de son oeuvre naissante. Il y a un peu d’Ellroy dans Balek. Même vision un brin désabusée du monde qui nous entoure. Même manière de le dépeindre à coup de gouache un peu sale et gluante.

J’aime les personnages à la fois simples et complexes. J’aime l’ambiance, les décors décrits avec un minimum de mot et un maximum d’efficacité.

C’est de la littérature populaire comme je l’aime.

Si vous aimez l’action, n’hésitez pas, foncez.

* spéciale dédicace pour @LaDameAuChapal

Petits meurtres à Paris de Pauline Doudelet

Note : 15/20

Avis : Que ce texte ait été écrit en quelque jours n’enlèvent rien à sa qualité littéraire. Le style de Pauline Doudelet est efficace — j’ai particulièrement apprécié la justesse des dialogues — et fluide. J’ose dire que je n’avais pas accroché à ses précédentes publications (pour des raisons de genre littéraire) mais j’ai gouté le temps passé à la lecture de cette histoire là. C’est un texte court mais c’est aussi ce qui fait son efficacité : son rythme effréné, son délire meurtrier, ne nous laisse pas nous interroger sur la vraisemblance de certains faits et sur là où l’auteure veut en venir. Ainsi donc, la Fin, sans être un monstre d’originalité quand on y réfléchit à posteriori, ne nous en surprend pas moins. Une histoire efficace.

L’homme est un mâle comme les autres de Pierre Cinq-Mars

Note : 12/20

Avis : Bien du mal à donner mon sentiment sur ce recueil de nouvelles ! Je n’ai pas l’impression que ce soit mal écrit mais ces récits ne m’ont pas touché. Ça arrive, il en faut pour tous les goûts. J’ai l’intuition que cela pourra plaire mais moi j’ai trouvé le temps long. J’ai néanmoins beaucoup apprécié l’utilisation de vocabulaire typiquement québécois ! C’est le genre de livre pour lequel ça m’embête d’avoir eu l’idée aussi sotte que grenue de mettre une note aux bouquins de ma liste de lecture…

Ce 12 ne reflète ni mon plaisir de lecture, ni sans doute le talent de l’auteur. Vous voilà bien avancé, hein ?

Les Ours n’ont pas de problème de parking de Nicolas Ancion

Note : 18/20

Avis : Les nouvelles de ce recueil de Nicolas Ancion m’ont fait penser aux pistes d’un CD de Vincent Delerm. Je ne sais pas si c’est un compliment pour l’auteur — ou pour d’éventuels lecteurs — mais pour moi, c’en est un. Chaque récit part d’un moment presque banal du quotidien pour en faire quelque chose d’extraordinaire. J’ai beaucoup aimé le talent de l’auteur pour donner une voix propre à chacun de ses personnages. J’ai personnellement moins apprécié les dernières histoires mais l’achat de cette compilation vaut largement le coup (ou en l’occurrence le coût : 3,49€)  pour Le Grand Méchant Marc, L’Album de foot, Pascal et ses pensées ou Tête de Turc. Vous pouvez retrouver les passages que j’ai préféré ici.

Emile Delcroix et l’ombre sur Paris de Jacques Fuentealba

Note : 15/20

Avis : La première impression, c’est que Emile Delcroix emprunte beaucoup à Harry Potter : une école, des profs, des élèves, de la magie, des méchants pas beaux, des jolis gentils. Cependant, bien que la filiation soit évidente et le rapprochement inévitable, Emile Delcroix possède son caractère propre : une ambiance et un univers steampunk très réussis. Les personnages ont du relief. Le style est plutôt agréable même si j’ai trouvé les dialogues inégaux et des descriptions pas toujours bien intégrées à la narration, et parfois un peu confuses. L’intrigue, pourtant pleine de qualités par ailleurs, pêche à mon avis par la peur de l’auteur de faire mourir des personnages : à chaque fois que l’un d’eux risque de passer de vis à trépas, on a du mal à croire que l’issue pourrait ne pas lui être favorable. Pour terminer, la fin, justement, sonne trop « il va y avoir d’autres épisodes » et « mais ceci est une autre histoire ». Pour en revenir à Harry Potter, le premier livre n’était pas non plus exempt de défauts : on souhaite le même succès à l’auteur d’Emile Delcroix !

Le Gardien du feu d’Anatole Le Braz

Note : 15/20

Avis : J’aime les phares et la mer. J’ai aussi un penchant pour les textes qui plongent dans les méandres de la folie humaine, comme Le Joueur d’échecs de Zweig. C’est ce qui m’a attiré vers Le Gardien du feu. J’ai trouvé ce dernier  intéressant, teinté de romantisme dans le style, mais un peu trop convenu quant à l’intrigue.

Certes, on connait la fin dès le début, mais les ressorts pour y arriver sont peut-être un peu gros. Soyons cependant honnêtes, ce n’est pas ce que nous recherchons en lisant un tel classique. Son attrait est ailleurs : dans son style et dans l’intemporalité du récit, notamment.

Macadam Gonzo de Jeff Balek

Note : 17/20

Avis : J’ai « ouvert » Macadam Gonzo en me demandant ce que j’allais y trouver.

Pour être franc, j’ai trouvé un sacré sandwich. Un sandwich au foie gras entre deux tranches de pain de mie longue conservation. Le début et la fin du bouquin font le job, mais par rapport aux délices du milieu, c’est clairement les deux faiblesses du texte. J’ai eu l’impression que le bouquin commençait trop tôt et se terminait trop vite. On abandonne le personnage à l’aube de sa « rédemption » et je trouve cela dommage.

Je ne fais pas de la lèche — d’ailleurs, j’ai toujours eu du mal à tirer la langue — mais il y a vraiment des passages magnifiques dans ce texte : j’ai toujours eu le sentiment que je ne comprenais rien à la poésie mais il y a des moments dans le bouquin où je me suis dit : « pour moi, la poésie, c’est ça ! ». C’est beau et déprimant à la fois. Plein de détresse et bourré d’espérance. En tout cas, c’est de l’extrait d’envie de vivre.

C’est très clairement le meilleur texte numérique que j’ai lu jusqu’à maintenant.

Par-délà l’océan de Nicolas B. Wulf

Note : 14/20

Avis : Par-delà l’océan a ses forces : c’est un beau récit bien rythmé, qui mêle histoire de pirate et un brin de Fantasy. Les personnages sont attachant et le style est fluide, ce qui ne gâte rien à la lecture.
Par-delà l’océan a quelques faiblesses : Nickolah Dothiriel se sort peut-être un peu trop facilement des traquenards dans lesquels il tombe et les dialogues ne sonnent pas toujours très justes.
Il y a du talent derrière Nicolas B. Wulf, un talent qui se façonne au fil de ses récits et qui nous promet de délicieux textes dans les temps à venir.

Inventer ensemble la librairie de demain de Vincent Demulière

Note : 14/20

Avis : Je crois que Vincent Demulière a une idée assez juste de ce que doit être la librairie de demain : désacralisée, humble et davantage préoccupée par le client. Un lieu de vie. Au libraire intéressé et conscient que son devenir passera par le numérique et un changement radical du marché du livre, il donne de nombreuses pistes.

Dans la forme, j’ai le sentiment que Vincent Demulière s’est trop reposée sur des références extérieures. J’aurai aimé moins de liens hypertexte (dont on ne peut pas profiter si on lit sur une liseuse non connectée) et davantage d’analyse personnelle de ceux-ci.

Génération Enragée de Jiminy Panoz

Note : 15/20

Avis : J’ai lu ce court texte, pour le moins engagée, un matin, en écoutant de la musique de Noël. J’ai été touché par cet appel au secours qui est celui de notre génération, une génération sacrifié par celle de 68 notamment, ces baby-boomers qui se sont sans doute montrés plus égoïstes et fermés que les parents contre qui ils se sont rebellés. Je ne suis sans doute pas autant révolutionnaire que Panoz mais je partage une grande partie de son analyse. J’ajouterai néanmoins quelques éléments à sa réflexion. Les reproches de Panoz portent surtout sur le marché du travail mais je pense que la capacité de nuisance de la « génération X » dépasse allègrement celui-ci. Je ne suis pas un écologiste forcené mais c’est sans doute la génération qui a fait le plus de mal à l’environnement en un temps relativement court. D’une manière générale, c’est la génération « après moi le déluge » : que pensez du temps qu’il a fallu pour prendre des mesures concernant les retraites, mesures qui sont encore relativement favorables aux baby-boomers mais dont le poids sera supporté par notre génération, qui verra obligatoirement ses conditions de départ empirés, les premières mesures étant arrivés trop tard pour que le poids de l’effort soit également reparti sur nos deux générations. Il est au final amusant de se faire considérer de glandeur par une génération de branleur, comme aurait pu le dire Panoz.

Auto-édition, tremplin ou impasse de Paul Leroy-Beaulieu

Note : 17/20

Avis : Il s’agit là d’une vraie réflexion sur le rôle et l’importance de l’éditeur, sur l’objet livre et sur la place et le rôle de l’auteur. A noter qu’il n’est pas seulement question d’auto-édition numérique dans ce livre, mais de la rencontre des deux, et du futur de chacun. L’une des idées de l’auteur, c’est que le livre a de moins en moins de sens avec le numérique, ce qui est synonyme d’un retour au texte. Pour vous mettre l’eau à la bouche, je citerais notamment : « L’auto-édition, dans ce qu’elle a de plus aboutie à l’heure du numérique, c’est à dire une réinvention, une réappropriation et une réinterprétation de la construction du texte par l’auteur, se doit de ne pas sombrer dans le nombrilisme du sacro-saint chiffre d’affaire ». J’ai tout de même un point de désaccord avec Paul Leroy-Beaulieu, en ce qui concerne la définition du mot « auteur ». Pour lui, on n’est pas automatiquement auteur dès que l’on écrit quelque chose. Il s’appuie sur l’origine latine du mot, qui viendrait d’augeo, i.e augmenter. Est donc auteur celui qui augmente, qui enrichie d’un point de vue qualitatif la littérature. Pour moi, l’auteur est bien celui qui augmente, mais qui augmente la quantité de savoir à disposition du lecteur. Tout le monde peut décider d’être auteur, mais l’écrivain est celui qui a rencontré son lectorat.

Le Guide de l’auto-édition numérique en France (Publier et vendre des ebooks en autopublication) de Stéphane Ternoise

Note : 12/20

Avis : Ce livre m’a un peu frustré mais c’est sans doute ma faute. Etant sous-titré Publié et vendre des ebooks en autopublication, j’en attendais beaucoup (trop sans doute) sur le plan technique et informatif. D’autre part, l’état de mes connaissances et l’avancement de ma réflexion ont fait que je n’ai pas beaucoup appris à la lecture de ce livre. L’auteur dresse un panorama remarquable de l’état du marché en France et des solutions d’autopublication disponibles en France, mais manque de détails et de conseils techniques. La partie concernant l’ISBN m’a notamment déçue même si, à la décharge de l’auteur, les informations concernant ce sujet sont particulièrement difficiles à obtenir et souvent contradictoires. Je conseillerais ce livre à ceux qui ne savent rien sur l’auto-édition, en guise d’introduction au sujet. J’aurais envie de conseiller à Stéphane Ternoise d’enlever son introduction auto-glorificatrice qui n’apporte rien à l’ouvrage, si ce n’est de pousser le lecteur à s’interroger sur sa légitimité à écrire un tel livre, ce qui est, je pense, contre-productif.

The Writers’ Guide to Self-Publishing de Jiminy Panoz

Note : 17/20

Avis : Comme son titre le laisse entendre, ce livre est dans la langue de Shakespeare. Néanmoins il est très aisément compréhensible pour qui a l’habitude de lire un peu d’anglais, sur internet par exemple. Je n’avais jusque là jamais lu de livre en anglais mais celui-ci est passé comme une lettre à la poste. Contrairement à l’ouvrage de Stéphane Ternoise, celui-ci s’adresse à un public international et s’intéresse plus particulièrement aux deux mastodontes du domaine : l’iBook Store et le Kindle Store. J’ai apprécié les détails techniques relativement précis et les nombreux petits conseils pratiques (TIPS). Je conseillerais notamment aux auteurs de tout poil de porter une grande attention aux suggestions concernant la couverture d’un ebook.

Entrechats de Cécile Duquenne

Note : 15/20

Avis : Entrechats est un premier roman très encourageant, et je comprends que son éditeur lui ait donné sa chance. Le genre est difficilement définissable : entre la Fantasy, le polar et la SF.

Le roman a des qualités indéniables : une intrigue de qualité, des personnages qui ont de l’épaisseur (malgré quelques maladresses), un décors original (un mix de l’Egypte contemporaine et de celle des pharaons) et un « bestiaire » poétique (quelle bonne idée d’avoir donné vie aux sphinx notamment). Mais il a aussi quelques défauts : un style parfois hésitant ou maladroit, un vocabulaire qui m’a semblé parfois manquer de précision et une couverture qui fait un peu trop littérature pour adolescent.

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